Jeudi 19 juillet

Départ de Paris. équipement: une tente, un sac de couchage, un matelas, quelques fringues. ça y est, c'est parti pour le Hellfest, ma deuxième fois. La première est toujours un peu difficile dit-on. Ce fut le cas. L'année dernière avait été marquée par un temps de merde, une organisation légèrement débordée. Des ennuis techniques et l'abandon de ces pleutres de Korn n'avaient pas arrangé les choses. Le vent soufflait fort, la pluie était omniprésente et le froid ne reculait qu'à coup de bibines. Quoi qu'il en soit, l'affiche était superbe et comme on était pas là pour pinailler, eh ben on a aimé et l'on était prêt à remettre le couvert.

Le couvert, deuxième édition était donc en route. Train de banlieue, métro et voilà la gare Montparnasse. Des Espagnols et des Anglais sont déjà là et vu leurs têtes, ils ne sont pas là pour assister à un ballet de danse. Mes potes étant partis en voiture, c'est donc le tgv qui est mon moyen de locomotion. Arrivée à Nantes, tout roule pour le moment, la météo est clémente, pas trop chaude, ensoleillée, avec une petite brise qui augure du meilleur. Avec Franky et Seb, rencontrés dans le train, on monte dans celui qui nous mène à Clisson. Déjà bien remplie de metalleux et keupons de tout poil, l'ambiance est festive et conviviale. Les contrôleurs sont bien plus aimables et compréhensifs que l'année dernière et comprennent que les billets ne peuvent pas forcément être validés sur le quai, vu le monde et les horaires serrés. Puis, c'est l'arrivée à Clisson.

Débarquement massif, cris, rires et des tentes partout. Comme me l'avait dit Ben (voir interview) des navettes font le taxi entre la gare et le site du festival. Prises d'assaut, nous délaissons ces dernières pour dérouiller les gambettes. Direction le centre ville pour retirer un peu des thunes. Moins chargé que le pauvre Franky qui galère avec sa tente immense et ses 15 kilos de bouffe, je peine à retrouver mon chemin (qui n'avait que rarement été pris à jeun l'année dernière). Bref, nous retrouvons la route et cheminons péniblement sous un soleil qui a décidé de nous en faire baver. Nous sommes, pour les cars scolaires et les locaux, un objet de tous les regards curieux. Quelques metalleux de 12/13 ans dans les bus scolaires nous regardent avec envie. Bientôt ça sera à votre tour les gars!!! Le chemin n'est pas court et il nous faut une bonne demi-heure pour arriver sur le site.

Franky et Seb prennent leurs pass et moi je vais chercher le mien au stand VIP. Tout est bien organisé, rapide et fluide, pas une minute d'attente! On nous donne un sympathique camping-bag aux couleurs du Fest qui contient des sacs poubelles, divers magazines et un cd, bref, une très bonne initiative. Les mecs de la sécurité ne sont pas très au courant de ce qui se passe par contre et il faut plus compter sur les bénévoles pour trouver son chemin. Bref, tout est réglé et je retrouve Franky et Seb sur le camping. On trouve un petit coin sympa et l'on se met à planter les tentes. La mienne est rapidement dressée, la 8 places avec salon, terrasse et salle à manger des autres met un peu plus de temps. Arrive alors un gaillard en kilt, avec une bonne grosse barbe et une corne bien remplie à la main. C'est Yann, voisin de tente qui vient saluer la compagnie et parler un petit peu. Le bonhomme est Breton et a fait tous les Furyfest et Hellfest.

Mais l'heure n'est plus à la parlotte, il fait soif et il est temps de se mettre en route vers le Leclerc pour acheter du liquide et du solide. 10 minutes de marche nous suffisent pour nous rendre compte que cette édition va être sévèrement remplie. Pour le moment, le public est principalement étranger: allemand, anglais, espagnol, irlandais. Les courses sont vite expédiées, quelques gros packs, une bonne bouteille de sky, quelques bouteilles de rouge, quelques sifflards et un peu de bouffe. Le Leclerc est pas mal rempli de metalleux. Je retrouve mes potes de Paris qui venaient d'arriver et qui ne se sont pas installés. Retour à la tente, tout est prêt pour l'apéro. Je regarde autour de moi, plein de tentes, des cheveux partout, des packs qui s'amassent, les scènes du Fest qui se dressent au loin, oui, nous sommes au Hellfest et nous pouvons prendre l'apéro car nous sommes arrivés.

L'instinct grégaire étant ce qu'il est, nous nous réunissons avec Yann et ses potes qui ont une très grande tente, une table et des chaises. On ramène les sifflards, les teilles de rouge et nous faisons connaissance avec ceux qui formeront avec nous la fine équipe de cette chevauchée monumentale. JC, Karine, Sgueg, Nico et Jerem pour ne citer qu'eux. La suite n'est qu'une débauche de fête, de choses pas très catholiques et de déconnades en tout genre pendant que le public continue à affluer. La barre est placée haut, couché 6 heures et levé à 8 pour les moins courageux (moi) et nuit blanche pour les braves (Yann). Seb a plus de chance et ne passera pas la nuit seul! Dans la brume que sont mes souvenirs, je me rappelle la rencontre des Espagnols m'ayant fait goûter un genre de pastis se buvant sans eau, un mec étrange se baladant avec un couteau et souhaitant niquer tout le monde, un tour à la tente où se tenaient un bar et une scène ou un dj passait du gros son. Les gens sont complètement raisins et font la fête, un type se fout à poil et monte sur scène, les gens sautent sur les tables, chantent, headbanguent à tous crins, c'est un bordel incommensurable. Le retour est hasardeux, d'autres continuent la fête, tout le monde crie alors que je m'endors pour quelques heures. Une seule conclusion ce soir, les sacs-poubelle qu'on nous a remis pour garder le site propre seront trop petits, surtout pour ceux qui sont destinés à contenir le verre.

Vendredi 20 juillet

Le soleil cogne sur la tente, il fait chaud, il faut se lever. 8 heures du matin. Des gens sont déjà debout, certains se lèvent, d'autres sont encore bourrés. C'est une belle journée qui commence. A la bière bien sûr car je me rends compte que dans le capharnaüm d'hier l'on m'a volé mon whisky. Rien de bien grave, tout va bien. Un petit tour au point d'eau pour se rafraîchir (le camping est gratuit mais l'accès au point d'eau coute 5 euros) et la matinée se passe à l'ombre en sirotant quelques bières. Le programme est sympa, l'affiche d'aujourd'hui est dantesque et comme il faut changer des jetons, l'on se met en route tôt.

Encore une fois, l'organisation est parfaite, l'on n'attend pas à l'entrée (toujours dominée par ces croix impressionnantes, dans lesquelles des mains immenses semblent vouloir nous attraper) et presque pas pour changer les jetons. La configuration est changée par rapport à l'année dernière. Il n'y a plus une grande scène, une moyenne assez éloignée et une petite dans la tente mais deux grande scènes côtes à côtes. De ce fait, il n'y a que peu d'attente entre les concerts et l'on n'a que quelques mètres à faire à gauche ou à droite. La grande tente a été gardée. Il y a les buvettes bien sûr, peut-être même une ou deux supplémentaires (tout comme les banques de jetons), il y a les petits stand de vins, les stands de bouffe, un énorme metal market et des dizaines de chiottes. Il y a même un skate parc en forme de bateau, bref, tout est très très bien foutu et très professionnel. Il y a également un stand vip (je n'y suis allé qu'une fois, les potes n'étant pas vip et l'expérience n'étant pas indispensable, enfin je pense mais je peux me tromper). L'on trouve également un coin internet pour les journalistes qui écrivent les chroniques au jour le jour (je ne le savais pas et je n'y suis pas allé mais même si je l'avais su, je n'y serais pas allé!). Décidément l'organisation est quasi parfaite. Un seul reproche, le site manque de poubelles facilement et rapidement disponibles. Le poste de secours est bien en vue, tout fonctionne comme sur des roulettes. Ayant perdu les autres dans la cohue, je cours chercher une binouze et reviens voir ce pourquoi au final nous sommes tous là : la musique?!

Je commence donc mon Fest avec Eluveitie. Bon concert, le groupe est sympathique et distille une musique entrainante et folk à souhait. Quelques problèmes de son ne gâchent pas la bonne impression que donnent les Suisses. Du bon folk/pagan endiablé mené par une troupe bien contente d'être là et qui le montre au flutiau?! Affaire ? suivre donc.

C'est au tour de Death Angel de suivre. Et bon dieu, quelle putain de tuerie?! Un son nickel chrome, une patate d?enfer, des compos avec des riffs de ouf, des solis de malade et un chant surpuissant, j'ai adoré. J'avais écouté vite fait ce vieux groupe de trash de la bay area, ben là je vais me replonger dedans bien sérieusement?! Seemingly Endless, Thrown to the wolves sont autant d'exemples qui cet après midi, montrèrent que Death Angel envoyait sévèrement la terrine.

Danko Jones poursuit les festivités. Les gars sont vachement heureux d'être là et balancent la purée. Je ne connais pas trop le groupe, aussi ne puis-je pas vous citer ce qu'ils ont joué mais je peux au moins vous dire que les mecs sont bien rock and roll et qu'ils ont allumé le feu. Je constate que les deux scènes côte à côte fonctionnent très bien, il y a du monde et pourtant l'on a pas la sensation d'être confiné dans deux mètres carrés, l'on s'éloigne très facilement (pour boire un coup par exemple). A revoir avec Motorhead à la fin de l'année à Paris.

Je décide ensuite d'aller faire un tour à la tente discover pour voir ce dont sont capables les mecs de Sceptic Flesh en fest. Je les avais vu avec Vader et Devian il y a quelques semaines et le moins que je puisse dire est que j'avais carrément été scotché par ce groupe que je ne connais que peu. Eh bien même si je dois dire que je préfère l'ambiance que procure ce groupe sur scène, je n'ai pas le moins du monde été déçu par les Anubis, Unbeliever, When all is none, Virtues of the beast et autres Persepolis. Néanmoins, beaucoup trop tôt, et trop court fut la prestation. Dommage mais vive la Grèce quand même!!

Un tout petit tour pour voir ce que fait Paradise Lost, groupe que j'affectionne tout particulièrement. As i die, Erased, Say just words, Pity the sadness passent comme le muscat du stand de vin. La bande du Nick Holmes est en forme. Encore un set trop court pour un groupe qui, comme le précédent, mérite un place un peu plus tard, avec plus de lights, plus de titres. J'en profite d'ailleurs pour vanter la discover stage, dotée d'un excellent son et d'une ambiance plus intimiste. Je pense qu'il n'y a aucune honte à jouer sur cette scène, surtout qu'elle est plus propice à délivrer certaines ambiances que l'on ne retrouve pas en plein air quand il fait jour. Tout cela pour dire que Paradise Lost sur cette scène vers les 23h00 aurait été top. J'ai d'ailleurs alterné avec cette scène pour voir Job for a Cowboy. Pas forcément fan de HxC, je suis quand même sur le cul, victime de tant de violence à l'américaine. Mention au chanteur que j'aimerais pas que ça soit ma mère quand elle me gueule dessus.

C'est au tour de Mayhem de distiller son venin. Je suis bien content de les voir car ils n'avaient pas joué l'année dernière, ce en quoi avais-je été fort dégouté. L'attitude scénique d'Attila est assez cheloue, comme si le bonhomme se cherchait une composition. Les costumes ne sont pas forcément du meilleur goût, au vu (de loin) de certains brassards. La musique est correcte, sans toutefois être extraordinaire. Bref, ce n'est pas comme s'ils jouaient pour leur vie. C'était sympa bien sûr mais il manquait un petit quelque chose, un peu de punch. Death Crusk, Ancient Skin, Freezing Moon, A view from Nihil.

Allez, j'suis chaud pour le HxC, je reste pour Sick of it all. Bordel de merde. S'il y a des groupes qui y perdent avec le soleil, on peut dire sans se tromper que SOIA fait partie de ceux qui ont besoin d'une bonne température qui fait cramer le public pour foutre le brun. Et du brun, y'en a eu un paquet. Ah! La joie des pogos en plein cagnard, de transpirer, de soulever de la poussière ? tout va, j'peux vous dire que les coreux, on dira ce qu'on voudra mais ils ont pas à rougir de quoi que ce soit. Parce que ce concert, c'était la guerre. Les morceaux sont courts, impossible de tout se rappeler. Par contre je peux vous conseiller de tapper sur youtube "Sick of it all" et "Braveheart? vous verrez le résultat (montrez pas ça à vos parents les jeunes, sinon vous serez privé de toute sortie). Allez, en cherchant bien, y'avait Take the night off et Death to tyrants. Croyez moi, les mecs, ils peuvent être déménageurs, ils emportent tout. A revoir en fest bien sûr.

Allez hop, Katatonia nous voici nous voilà. Ouah, les gars ça refroidit. C'est pas fait pour le fest tout ça (c'est un groupe super mais spécial, death doom, voir dépressif). On peut pas dire que c'est mou, c'est juste que... fiou, ça change. Encore une fois, je pense que j'aurais apprécié davantage ce groupe en salle mais visiblement les plus fan ne partagent pas mon avis. Allez, range cette corde bonhomme, on va chercher une pizza.

Une pizza oui, mais pas dans le stand du fest. On sort donc un peu au calme. Pas très envie de voir Dimmu, ni Baroness. Avec les copains que j'ai retrouvé on sort donc se mettre au vert. Beaucoup d'émotions déjà, beaucoup de bière, bref, au repos et au vin blanc. Sur la route qui mène au camping, à côté de la tente ou y'a des tarés à poils qui dansaient hier soir se trouve un stand de pizza tenu par des Clissonnais bien sympathiques. Les verres de vin sont plus que largement remplis, les pizzas sont bonnes, la fille du pizzaiolo aussi. C'est à cette occasion que je rencontre une fille, polonaise de nationalité, répondant au doux nom d'Angèle. La pauvre semble complètement perdue aussi, je décide de la prendre. Sous mon aile. Les copains rigolent grassement, jaloux devant mon anglais impeccable et ma maîtrise du french kiss. Bref, ils repartent à la tente et nous laissent tous les deux, la demoiselle et moi. Nous décidons donc d'aller voir Krisiun. Et je peux vous dire que c'est de la boucherie. La discover stage se prête parfaitement à ce groupe. Ils sont déchainés, ils vont à toute vitesse et ils ne font pas dans la dentelle. Ces chauds lapins du death sont brésiliens, ils ne sont que trois mais putain, quel panard. Le public est aux anges et se déchaîne à tout vent. Une valeur sûre!!!! Merde, j'suis en retard pour In Flames!!!!

In Flames, j''aime bien mais je ne suis pas un fan ultime et je les ai jamais vu sur scène. Alors là j'dois dire plusieurs choses. J'ai trouvé pas mal de chroniques qui dénigraient leurs prestations, trop de lumière, trop de pyrotechnie ..etc. C'est leur choix. Moi je dois dire qu'ils se sont bien foulés le cul pour faire plaisir aux festivalier, pour en mettre plein la vue, pour offrir un set dynamique, pour marquer les esprits. Loin de se contenter du strict minimum comme ils auraient pu facilement le faire en ayant quand même leur cachet, ils nous ont donné un spectacle assez explosif. Des immenses écrans géants illuminaient la scène et repassaient les mots chocs des paroles. J'avoue que ce dernier élément n'est pas du meilleur effet mais il aide à porter le dynamisme dans le public. Il y avait également une putain de pyrotechnie, un beau lightshow, des flammes qui sortaient des amplis et au final on a eu droit à un vrai feu d'artifice. Alors je veux bien qu'on dise que je suis qu'un gamin niais et naïf qui regarde que la lumière mais on ne m'ôtera pas de l'idée qu' il y en a qui sont d'éternels insatisfaits qui feraient mieux de se féliciter que des groupes fassent encore des efforts pour donner un vrai show au public plutôt que de se contenter de chantonner et de se barrer. Ca m'énerve ça, on dirait qu'on donne de la confiture à des cochons. Moi je dis bravo In Flames et merci pour le spectacle, sachez qu'il y en a qui ont adoré. En plus moi j'ai bien aimé la musique (mais les gars auraient mérité un peu plus de dynamisme tout de même). Allez, balancez de la merde sur In Flames, je serai là pour les défendre tant qu'ils respecteront le public comme ils l'ont fait ce soir. Genre, vous aurez ça en salle... Colony, Take this life, The mirror's truth, My sweet shadow, My quiet place. De toutes façons messieurs les détracteurs, je crois bien que ce show à l'américaine fut celui qui a attiré le plus de monde. Messieurs les blasés...

Rhaa, j'y repense maintenant, j'ai raté Testament. Sacrée polonaise... un jour j'aurai ta... Carcass!!

Carcass a divisé ce soir là et beaucoup d'éléments ont été source de débat. Présence scénique, motivation, interprétation, pour ma part ce fut un très bon concert, efficace, qui m'a donné envie de me replonger écouter "Necrotisicm" Alors bien sûr, ils ont pas communiqué des masses mais ils ont délivré de la bonne musique sans coup férir. Fan du groupe et de tous ce qui tourne dans la sphère Carcass (Firebird et Spiritual Beggar), je ne saurai que rendre hommage à ces vétérans qui ont bien fait leur travail. Peut-être aurait-il fallu marquer un peu plus les esprits, pour un tel évènement "Reek of putrefaction", "Symphonies of sickness", "Swansong" sont les albums les plus représentés ce soir. Allez, des fois faut savourer l'instant présent.

Venom clôt musicalement cette journée de folie. Hé bien mine de rien, c'était bien sympathique, fidèle à l'esprit original et haut en couleur. Les gonzes sont vachement content d'être sur scène et le nouveau guitariste joue avec son coeur. Encore une fois, je regrette que beaucoup dénigrent ce concert. Certes, il était tard, le concert commencait à 1h00 du matin et finissait plus d'une heure plus tard mais ce n'est pas une raison. Je savais à quoi j'avais à faire et j'en ai eu pour mon argent. Un beau spectacle, avec des lights, de la pyro et compagnie. Je veux bien que certains n'aient pas aimé le show mais de là à traiter Venom d'amateur, c'est... Bref, ceux qui ont inventé le black il y a longtemps, en 1982 n'ont plus vraiment grand chose à voir avec ce style. Il s'agirait plus d'un bon vieux trash des fagots avec un son roots garage huile vidange et plus encore. Les morceaux les plus récents passent plus difficilement que les classiques à qui le public fait un bon accueil. Même si beaucoup de monde a regagné le camping, Venom était un bon concert. Amateurs, tssss... putain, écouter Black Metal avec un beau spectacle, c'est quand même agréable.

Bref, il est deux heures du matin et il est temps de retourner au camping pour continuer la fête!!!! Les plus faibles se sont endormis, les plus bourrés aussi. Restent les calmes et les modérés, ceux qui sont capables de tenir toute une nuit!! Damned, les bières descendent beaucoup trop vite. On tourne un peu partout dans le camping, à la tente. Un apercu ? Tapez "libérez l'apéro" dans youtube pour vous faire une petite idée. Nous avons vécu comme des bêtes, rencontré des gens dont plus personne ne se rappelle le sexe, le nom ou le visage, nous avons libéré l'apéro avec Nico, Jerem et Yann et, harassés par cette mission, nous sommes couchés.

Samedi 21 juillet

Couchés ? Non, pas pour Yann. Car alors que le soleil se lève à nouveau et que j'émerge à la recherche d'une bibine, le Yann est déjà là, épuisé, un peu ivre, à bout de force. Le guerrier a deux nuits blanches a la suite. Il s'écroule sur les coups de 10h00 et reprend des forces. Pour nous c'est une classique, apéro, rafraichissements, le temps est au beau fixe et la journée d'aujourd'hui s'annonce délicieuse. La musique va tout déchirer, il nous reste des jetons, la vie est belle. Par contre c'est un peu dégouté que j'ai raté Airbourne, Sodom, Sonata Arctica et Nightmare. La flemme, la procrastination et une mission caca m'ont en effet éloigné de ces groupes pour me plonger dans les méandres de la forêt. Il paraît qu'Airbourne a été génial, avec un jeu de scène de taré. Un musicien est monté sur un pylône, et, suspendu par la sangle de sa guitare a délivré un bon gros solo des fagots. Rock and roll, quoi. Sonata Arctica, je les entends pendant que je pose ma pêche, ça a l'air sympa mais de loin, le son semblait cependant un peu faible. Tant pis, ça sera pour une prochaine fois!!! Bon il est temps d'y aller, du sérieux nous attend.

Iced Earth est là, nous aussi, avec Seb et Franky, cette fois ci, on ne se perdra pas! Wow! Vindieu, quelle coup de poing, ils nous ont donné là ! Savez quoi ? C'était Alive in Clisson, le truc. Barlow est de retour et il tient à le faire savoir. My Own Saviour, Pure Evil, Vengeance Is Mine, et Melancholy (Holy Martyr), mais aussi Declaration Day. Le groupe a une présence scénique hallucinante et a tout atomisé. Le sol très sec s'est changé en poussière sous la folie du public qui bougeait en veux tu en voilà. Preuve d'une très bonne organisation qui a pensé à tout, des jets d'eau arrosent les festivaliers suants et le sol afin de faire retomber toute cette poussière. Etant au premier rang, je peux vous dire que l'on se serait cru au beau milieu d'une guerre. Un très grand moment.

Les anglais d'Anathema vont apporter un peu de douceur après tout ça. Fragile Dreams, Empty, Closer, Sleepness, Natural Disaster passent très bien. Toutefois, je répete encore, mais tant de lumière du jour nuit à ce genre musical. Anathema est un groupe très bien et de grande qualité mais je pense que j'aurais plus apprécié dans la discover stage. Néanmoins quoi de plus agréable que de boire une bonne bière bien fraîche dans un coin à l'ombre (rare) en écoutant quelques riffs de Black Sabbath ? (Oui, ils l'ont fait).

Porcupine Tree reste dans ce registre plus modéré. Nous restons à l'ombre, allongés dans l'herbe tout en savourant la bonne musique de la bande à Wilson. Ils ont cependant décidé de nous offrir une setlist ou sont joués les morceaux les plus hargneux. Néanmoins c'est posé que se savoure le plus la prestation. Le son est impeccable et le groupe s'en sort avec les honneurs. Je reconnais Open Car et Anesthetize. J'adresse par contre toutes mes félicitations au groupe pour avoir eu le courage de venir jouer devant un public un peu clairsemé, sans John Wesley. Il y a des groupes qui n'hésitent pas à venir jouer alors que le challenge est difficile. Une conscience professionnelle à toute épreuve, ça s'applaudit et ça fait passer Korn pour des tapettes.

Nous délaissons Candlemass pour aller faire un tour au metal market. C'est bondé, y'a plein de cd pas forcément évident à trouver ailleurs et proposés à un prix raisonnable (entre 7 et 12 euros environ). Il y a plein de t shirts sympathiques. Par contre dommage qu'il n'y ait pas de terminal bancaire et qu'une bonne femme refuse de me vendre un briquet Helloween parcequ'ELLE n'avait pas de monnaie! Néanmoins, il y en a pour tout les goûts, cette grande boutique metal aurait est parfaite pour qui a des ronds. Absorbés comme nous sommes, je rate Apocalyptica, quel con je fais décidément.

Mais arrive alors mon meilleur moment de ce fest. Gamma Ray et Helloween pour un show spécial sont là et ne vont pas faire de la figuration. Le groupe de Kai à la patate, le public est en pleine communion avec le groupe. L'ambiance est excellente. Kai Hansen se déhanche et chante super bien, Henjo balance des solis à toute berzingue. Ce qui n'est pas mal c'est que Gamma Ray jouant aux côtés d'Helloween ne peut plus balancer des I want out en matière de final. De ce fait nous avons droit à des morceaux qui n'ont pas été joués depuis bien longtemps. Into the storm, No world order, Fight, Rebellion in Dreamland, Ride the sky, Send me a sign. Bien chauffé par cet excellent moment de heavy metal, je me prépare maintenant pour les citrouilles qui sont un de mes groupes préférés au monde. Je les avais vu pour la première partie d'Iron Maiden il y a quelques temps et n'avait pas été emballé. C'est donc tout émoustillé que je cours me mettre au coeur de la foule. Tout comme In flames, Helloween nous a offert une excellente prestation scénique. 2 citrouilles géantes gonflables arrivent sur scène. Des citrouilles plus petites sont envoyées sur le public. Mais l'ambiance mes aïeux, cette ambiance ne peut que ravir le fan de heavy metal. L'énergie qui s'est dégagée de ce spectacle était incroyable, l'attitude des musiciens ne pouvait que rendre heureux, tout simplement. Et quand on a vu le final avec Gamma Ray, l'on se dit que l'on peut mourir. Eagle fly free, March of time, Halloween, As long as I fall, Dr Stein, Eagle fly free et avec Kai Hansen, Future world, I want out.

Ministry continue cette excellente soirée. Retranchés derrière des grillages et dotés de très jolies lights et d'un son brutal au possible, Jourgensen et compagnie n'y sont pas allé de main morte. Pas fin connaisseur du groupe mais raisonnablement fan, eh bien j'ai été bluffé par ce show rinçage de cerveau au possible. Un rouleau compresseur de folie pour une prestation extrêmement convancante. Let's go, No w, Thives, Waiting, The last sucker, Just one fix, Rio grande blood, NWO.

On finit la journée avec Cavalera Conspiracy. Les frères Cavalera réunis sur scène, ça doit être quelque chose!! Surtout qu'au final, ce sont des titres de Sepultura qui ont majoritairement été joués. Max n'a pas joué de guitare mais dans l'ensemble ce fut un grand moment à l'écoute de tous ces vieux titres cultes. Le public savait à quoi s'attendre, du classique, de l'ancien et il n'a pas été déçu. Malgré l'heure tardive de ce deuxième jour de fest, l'on peut dire que Cavalera Conspiracy a mis le feu avec du bon matériel. Notons l'Orgasmatron de Motorhead qui fut également reprise. Leur album fut un peu représenté mais beaucoup moins que ce qui fit la gloire de Sepultura dans l'ancien temps. Inflikted, Sanctuary, Territory, Refuse resist, Wasting Away, Orgasmatron Arise, Dead Embryonic Cells, Roots Bloody Roots.

Bref, encore une excellente journée. Qui n'est pas finie, car c'est encore un soir de fête et de débauche qui nous attend. Notre campement s'enlise peu à peu dans une sorte de bulle, hors du temps et de l'espace. Plus personne ne pense à ses soucis, plus personne n'est tracassé, ce n'est que fête et rires et ça, ça vaut tout l'or du monde.

Dimanche 22 juillet

Dernier jour. Derniers instants de convivialité et de sentiments musicaux. La fatigue se fait sentir pour les plus fêtards d'entre nous. La matinée se passe tranquillement à se reposer. Grand fan de Misanthrope, leur prestation à l'Elysée Montmartre de je ne sais plus quand ne m'avait hélas pas convaincu aussi décidais-je de rester au campement. Dommage car il semble que ce fut un bon moment. Eths, remplacant Soilwork ne m'attire guère non plus.

Rose tatoo, par contre, c'est du sérieux. Très sympathique prestation de ces vétérans australiens du rock and roll. En cette très belle après midi ensoleillée, la chaleur est au rendez-vous et la musique de la bande d'Anderson nous font passer un rudement bon moment.

Origin constitue la suite de mon petit programme. Origin, ça fait super, super mal. Les gars retournent tout sur leur passage et vu la chaleur et la sécheresse qu'il y avait dans le pit, ben la poussière volait sacrément. Les musiciens sont impressionnants et le tout fut d'une sauvagerie extrême. Le death super technique des mecs du Kansas a mis tout le monde d'accord. Reciprocal, The Aftermath , The Burner.

Pas emballé par Messuggah, je fais une petite pause tartiflette/sieste à l'ombre en écoutant Obituary, groupe qui passe très bien. Malheureusement je ne peux vous en dire plus, étant occupé à récupérer quelques forces. Je retrouve les copains de Paris, extrêmement fan de Opeth (influence de leur groupe Lyr Drowning, album Blind from birth dans les bacs) afin de partager ce moment avec eux.

Opeth alors là par contre, c'était vraiment super. Je craignais un peu que le jour et l'ambiance peut intimiste ne nuise au groupe mais assis tranquillement en buvant quelques bières à l'ombre, l'on ne peut qu'apprécier la prestation du groupe. Le son était niquel, la setlist assez musclée, et posé comme nous l'étions, nous avons pu pleinement savourer les titres proposés. Demon Of The Fall, The Baying Of The Hounds, Master's Apprentices, Heir Apparent, The Drapery Falls

C'est toujours dans cette même configuration posée que nous attaquon le set de My dying bride. Tout comme Opeth, c'est une ambiance que je recherchais avant tout. Une violoniste s'occupe également des claviers. Bref, encore un groupe qui continue à nous faire passer une bonne après midi. Here In The Throat ,The Songless Bird ,From Darkest Skies, And I Walk With Them,The Cry Of Mankind

Pépés comme nous le sommes, nous restons à notre place pour écouter No Fx. Eh bien le moins que l'on puisse dire, c'est que ces petits gars ont la pêche et que beaucoup de monde a assisté à leur show. Ils ont été très bien reçus avec beaucoup de respect, mis à part quelques crétins ivres qui les insultaient de façon fort peu cavalière. Leur version punk des Champs Elysées fait sourire mais finalement, ils délivrent un show assez musclé et vraiment pas prise de tête. Ce groupe de punk n'en avait visiblement rien à battre de venir jouer leur style devant un parterre de fan de musique plus extrême et ça c'est bien cool parce que ce fut un bien bon moment. Dinosaurs will die, stick in my eye

At the gates fut également un bon concert. Le public fut conquis, les classiques furent joués, bref, le peuple en aurait bien demandé un peu plus quand même niveau temps. Leur reformation scénique était attendue, tout comme celle de Carcass. Je pense néanmoins que ce fut celle de ces premiers qui fut la plus acclamée. Le deathcore mélodique a fait mouche à chaque titre. Du bon boulot en somme.Slaughter Of The Soul ,Cold ,Raped By The Light Of Christ, Terminal Spirit Disease, Suicide Nation, The Burning Darkness , Need ,Blinded By Fear , Kingdom Gone

Ayant quitté les copains de Paris, j'erre sur le fest à la recherche de mes compagnons de campement quant soudain, je tombe sur la bande au complet. Visiblement tout le monde s'est retrouvé par hasard et tous les 10 (imbibés) nous tombons dans les bras et organisons un pogo pour fêter ça. Fatigue, musique, copains, bière, il n'en faut pas plus pour nous amuser et c'est déjà pas mal.

Il est alors l'heure d'aller voir Motörhead. Jerem et moi nous retrouvons dans les tous premiers rangs excellemment placés. La tension monte, le soir tombant, le coeur battait. Tout le monde se prépare. Il n'y a que des grands fans de Motörhead autour de nous. Nous parlons avec un père, venu avec son fils pour lui "montrer ce que c'est du putain de rock and roll", nous voyons un jeune enfant juché sur les épaules de son géniteur, bref, Motörhead est un peu une légende et ça se comprend. Ce concert fut excellent, comme tous les concerts de Motörhead que j'ai pu voir. La musique du groupe est éternelle et par ailleurs, le groupe ne nous a pas joué que les classiques habituels mais nous a également dépoussiéré quelques vieilleries. Par ailleurs, Mickey nous a offert un petit solo de batterie, pas super long mais surtout très spectaculaire. C'est à dire qu'à la fin de son solo, et toujours en martelant ses fûts, il jetait une baguette, en reprenait une autre, la jetait à une dizaine de mètres dans l'air et recommençait. Une centaine de baguette a du ainsi se faire la malle et il y en avait toujours au moins une bonne demi douzaine tournoyant haut dans les airs. Ca paraît con, mais ça pimente un solo. Troisième point à mentionner, de très jolies stripteaseuses sont venues nous divertir avant de toutes aller claquer une bise sur la joue de Lemmy. Ce fut pour moi un grand moment de ce dimanche et de ce fest. Dr Rock ,Stay Clean ,Be My Babe ,Killers ,Metropolis ,Over The Top ,I Got Mine ,One Night Stand ,Rosalie (de thin lizzy), In The Name Of Tragedy, solo de batterie, Just Cos You've Got The Power, Going To Brazil , Killed By Death, Ace Of Spades, Overkill

Nous sortons heureux de ce putain de show et avec Jerem nous promenons sur le fest. Nous remarquons (enfin) le très joli lightshow qui éclaire le sol ici et là. Réalisé par un véritable collectif d'artiste (Monique la mouche, je crois) des croix à l'image du Hellfest se promènent ici et là de différentes couleurs. Bref, c'est encore un plus à saluer et qui contribue à créer une petite ambiance fort sympathique. Slayer ne nous tente pas trop car nous connaissons leur show par coeur. Ce n'est pas le cas de tout le monde, car les très grand fan (comme nous pour Motorhead) n'en rateront jamais une miette sont tous rassemblés pour les honorer. Bref, c'est à la discover que nous finissons le fest pour voir un groupe totalement inconnu de nous.

Envy vient du Japon et nous a complètement scotché. Alors pour le style, je ne sais pas trop mais les spécialistes mentionnent des termes comme postcore ou screamo. C'est à dire une musique super calme, avec beaucoup d'émotions et avec un chant hurlé. Le public, clairsemé est très attentif et réceptif à la musique des japonais. Personne ne bouge mais tout le monde écoute et suit ses pensées en regardant les musiciens qui nous offrent un très bon moment plongé dans les light violettes qui nous baignent d'une étrange aura.

Le show se termine, un petit tour vers la mainstage ou Reign in Blood déchire les dernières minutes du festival. Les gars de Slayer ont l'air d'avoir la patate et les gens apprécient leur prestation. Nous n'en avons pas vu plus car s'achève alors enfin dans un dernier cri de guitare les concerts de ces trois jours.

Pour certains, la fête continue encore et encore mais pour moi c'est le sommeil. Le lendemain est triste et pluvieux, le camp est dans un sale état et les tentes se replient ici et là. Je dois partir tôt ayant un rdv professionnel (j'vous raconte pas ma gueule). Un dernier verre avec les amis, puis nous nous séparons, laissant un peu de repos à la ville de Clisson avant que la prochaine fête de l'enfer ne soit à nouveau convoquée. Convocation à laquelle nous répondrons, toujours plus nombreux.

Ce fut pour ainsi dire un excellent moment, un sublime week end. Je ne peux que saluer l'organisation niquel chrome sur laquelle il y a si peu de choses à dire. Peut être organiser un vidage des toilettes un peu plus fréquent ou installer davantage de poubelles sur le site et distribuer plus de sacs plastiques pour les déchets mais ce sont si peu de choses par rapport à la qualité globale de cet évènement que ça serait chipoter que de réduire le Hellfest à ces quelques recommandations. Plus de 45 000 personnes dont 40% d'étrangers se sont retrouvés réunis dans une fraternelle ambiance. Une ambiance plus qu'exceptionnelle pour un évènement qui restera gravé pendant longtemps comme un très grand festival. Mais au delà de l'ambiance du fest et de sa qualité, il faut saluer les artistes qui nous ont offert un beau spectacle. In Flames, Ministry, Helloween, Motörhead, Iced Earth, Death Angel et Envy furent autant d'exemples de groupes qui marquèrent ce fest de leur sceau. Au final il n'y a plus qu'une seule chose à dire : très longue vie au Hellfest et vivement l'année prochaine.