Gandalf et Damnation Game, en compagnie de qui j'avais passé une soirée sympa la veille dans le centre de Toulouse avec également Talasquin, logeaient à l'hôtel à côté de chez moi, donc on part ensemble direction Ramonville vers 20h, heure à laquelle l'ouverture de la salle était annoncée officiellement. En arrivant, on retrouve Talasquin qui nous attendait dehors, puis on rentre dans la salle. Il ne fallait pas arriver en retard, car c'est déjà le deuxième groupe qui commence à jouer Le premier groupe, BONESHAKER, originaire de Pau, avait effectué une prestation éclair et ça a vite enchaîné. C'est donc les Allemands de TALETELLERS qui sont sur scène quand on entre dans la salle. Il faut dire qu'on ne s'était pas trop pressés non plus, le temps de rentrer, de discutailler avec les filles de l'entrée, d'aller au stand merchandising acheter le dernier Grave Digger, "Ballad of a hangman" (très mal distribué en France, pour faire dans l'euphémisme ), d'aller au bar et de chercher des potes La prestation de Taletellers s'écoule très agréablement. Les Teutons jouent un hard rock mélodique assez pêchu et entraînant. Leur son est correct, leur prestation carrée et ils ont de jolis looks de metalleux allemands Classique mais sympa, en somme Ils bénéficient d'un son assez bon. Par contre, ils n'ont pas beaucoup de place sur la scène, laquelle est coupée en deux par un rideau masquant le matos de Grave Digger.

Ensuite, il est temps de retrouver plein de potes, et c'est l'occasion de boire quelques bières (même si, dans cette salle, elles sont presque aussi chères qu'à Paris, avec le demi à 3€50...)

Puis c'est ALESTORM qui investit la scène. Je n'avais encore jamais vu les Ecossais et je n'en connaissais que quelques titres écoutés de ci de là. On me les avait présentés comme les successeurs de Running Wild, ou comme un groupe de folk metal... En tout cas quelque chose de bien festif. Je ne vois pas trop ce qu'ils ont de folk, sauf si maintenant on définit comme folk tout groupe de metal ayant un côté un tant soit peu farandolesque... Et avec Running Wild, ils ont en commun la même imagerie et le même concept autour des pirates , mais musicalement, c'est différent. C'est en fait un heavy metal assez basique mais ultra-festif et entraînant Ce que l'on assimile à du folk chez eux, ce sont en fait les sons ultra-kitsch produits par le clavier portable à manche du chanteur, digne de Partenaire Particulier dans les années 80. Et c'est vraiment à mourir de rire ! Le chanteur est sympa, et son gros accent écossais sur sa voix de pochtron lui donne un style assez particulier. Et puis son clavier, vraiment, c'est le top. Par contre, qu'est-ce qu'il est maigre! Mais c'est dommage qu'il n'y ait pas plus de décor ni de mise en scène, et que les musiciens soient quelque peu statiques. Je m'attendais à quelque chose de plus théatral, vu à quel point le groupe semble à fond dans son délire pirate. A part le guitariste en kilt, il n'y a aucune tenue particulière, aucun backdrop, aucune déco mettant en valeur les délires du groupe. Mais c'est vrai aussi que ce n'est qu'une première partie... En tout cas, et même si le son et l'interprétation ne sont pas excellents, ça fait toujours son petit effet dans la salle. Ils ont une bonne dizaine de fans venus exprès pour eux, brandissant des drapeaux écossais et faisant la farandole. Et c'est clair que leurs chansons de marins version metal s'y prêtent parfaitement. Sur "Captain Morgan's revenge" et "Nancy the tavern wench", les trois premiers rangs étaient tous bras dessus bras dessous. J'ai bien apprécié la prestation d'Alestorm. Ce n'est pas de la grande musique, mais ils ne se prennent pas au sérieux, c'est festif et entraînant et ça s'apprécie bien avec une bière à la main. Ce serait sûrement mieux encore avec un verre de rhum, vu le concept du groupe. Comme disait le capitaine Haddock: "Yo! Ho! Ho! Et une bouteille de rhum!" C'est en tout cas un groupe que j'aimerais bien revoir en festival, leur musique me semblant plus adaptée à ce cadre.

Le temps de prendre quelques bières, de discuter avec les amis, et c'est au tour des choses sérieuses. Parce que quand même, GRAVE DIGGER dans le sud de la France, c'est un événement. C'est vrai que Toulouse ou Bordeaux sont des escales idéales pour des groupes entre l'Allemagne et l'Espagne, et j'invite tous les tourneurs d'Europe à s'en souvenir! Le Havana Café n'est certes pas bondé pour accueillir les Allemands, mais ces derniers ont l'habitude, même dans leur pays, de jouer dans des petites salles avec un public entre 200 et 400 personnes par concert (la différence étant qu'en Allemagne, ils font une douzaine de dates par tournée plus les festivals...), donc ça n'a rien d'anormal pour eux. La première fois que je les avais vus en France, au Plan de Ris-Orangis en 2002, c'était dans une salle plus petite que le Havana Café et l'affluence était à peu près la même que ce soir. En tout cas, je pense que personne n'aura regretté le déplacement. J'attendais ça avec une grande impatience. Déjà en tant que fan, je ne me lasserais jamais de les voir. En plus, ça faisait deux mois que je n'avais pas fait de concert, et ça commençait vraiment à me manquer. Et puis les quelques nouveaux titres de Grave Digger que j'avais pu écouter m'avaient laissé une excellente impression. La nouvelle configuration du groupe, avec l'arrivée d'un deuxième guitariste en la personne de l'ex-Running Wild Thilo Hermann, était également intéressante à découvrir, Chris Boltendahl n'ayant toujours été entouré jusque là que d'un seul gratteux. L'intro de "Ballad of a hangman" commence à résonner et les membres du groupe arrivent un à un. Une première satisfaction: le claviériste Hans-Peter Katzenburg a ressorti son costume de faucheuse (bien que sans masque) qu'il avait délaissé au cours de la tournée précédente. Puis, Chris Boltendahl arrive sur scène et les riffs de la chanson titre retentissent. A partir de là, je me mets à headbanguer en pilotage automatique pendant plus d'une heure et demie, qui paraîtra ne faire que cinq minutes !!! Les creuseurs de tombe sont dans une forme olympique. J'avais eu de bons échos des premières dates de cette tournée, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi bon. Le son est excellent, les lights aussi, le set ultra-carré, et le groupe heureux d'être là. Le nouveau guitariste apporte beaucoup. Certes pas par son physique et son charisme, car c'est clair que ce n'est pas un top modèle. Mais en restant avec le seul Manni Schmitt au manche, le groupe stagnait irrémédiablement. Manni est un excellent guitariste, mais il n'a aucun charisme. Thilo apporte plus d'épaisseur à la musique, et une présence supplémentaire sur scène qui permet au groupe d'en imposer davantage. De plus, les deux guitaristes sont bien complémentaires et se partagent efficacement les solos. Grave Digger possède donc désormais une paire de guitaristes doués et complices, et cela donne un nouveau souffle au groupe. Le groupe est sûr de lui et décontracté, avec un Boltendahl qui, comme d'habiude, est très présent et communicatif. Il a toujours le sourire et ne manque jamais de plaisanter avec le public, ou de nous faire chanter les refrains. Cette bonne forme du groupe, on la ressent dès les premières minutes. Et puis la play-list est excellente. "Ballad of a hangman" n'est pas oublié puisque quatre titres du nouvel album sont joués. Le groupe aurait tort de se priver d'en faire de la promo, vu que c'est le meilleur disque qu'ils aient fait depuis pas loin d'une dizaine d'années. La chanson titre, avec laquelle le show commence donc, est sombre avec un super refrain et un gros choeur (hohhohohohohoho!) alors que le single "Pray", joué en rappel, est très mélodique, plutôt joyeux et très entraînant, "Stormrider" plus speed et "Hell of disillusion" mid-tempo. Je découvrais complètement les deux dernières, que j'ai bien appréciées, et j'ai adoré les versions live des deux premières, que j'avais écoutées sur le MySpace du groupe. Hormis ces nouvelles chansons, toutes les périodes du groupes ont été passées en revue. Seul "Heart of darkness" a été zappé. Pas de "The grave dancer" ni de "Circle of witches" cette fois, donc, mais je les ai déjà eues à d'autres reprises. En revanche, le groupe a exhumé quelques vieilleries comme "Witch hunter", "Wedding day" et surtout l'énorme "Headbanging man". Les albums des années 2000 ont eu chacun un représentant. Joué en deuxième, "Valhalla" et son superbe refrain a également fait son petit effet . Je ne suis pas fan de "The last supper", mais elle passe bien en live, et "Silent revolution", seul extrait de "Liberty or death", est excellente. Quant à "The grave digger", la chanson titre a été zappée à ma grande surprise, mais de cet album le groupe a joué la superbe "The house". Tout ça, c'est en gros la première partie du concert: des morceaux récents, des vieilleries, plus le standard du groupe "Lionheart" (zappé lors de la dernière tournée et remis, pour mon plus grand bonheur ). La deuxième partie est un best of de la trilogie médiévale, celle aussi sur laquelle je donne le plus de voix et martyrise le plus mes cervicales. Les hits s'enchaînent comme des perles: "Knights of the Cross" et son refrain ravageur, "The dark of the sun", le farandolesque "The round table", les inévitables "Excalibourre"... euh "Excalibur" et "Rebellion"... Tout ça, c'est du bonheur en barre, surtout que c'est joué de manière impériale par un groupe au top de sa forme. Même s'il n'est pas très nombreux, le public donne de la voix comme il faut sur les refrains. Et bien sûr, ça se termine comme toujours sur un formidable "Heavy metal breakdown" chanté à l'unisson !

Et voilà comment on passe une soirée d'anthologie! Tous les ingrédients étaient réunis: un groupe que j'adore et qui est en très grande forme, une bonne salle, de bonnes conditions de jeu, plein d'amis, de bons délires, une belle ambiance... Ca commençait vraiment à me manquer depuis que je ne fais plus de concerts à Paris. C'était la sixième fois que je voyais Grave Digger, et l'une des meilleures. Des groupes aussi en forme et dont je suis fan, je veux bien les revoir toutes les semaines. C'est vraiment l'un des meilleurs concerts que j'ai vus depuis bien longtemps.

Pierre