L'autre doute concernait l'affiche. Pour un jubilée, elle manquait singulièrement de gueule. Il y a certes de très bons groupes au programme, mais quasiment tous vus et revus plusieurs fois, d'autres plus moyens, beaucoup qui sortent de nulle part... Mais surtout, ça manque de têtes d'affiche. Heaven and Hell est à sa place (ils n'ont pas ramené les foules chez nous, mais c'est quand même Black Sabbath, merde!), mais pour le reste: Saxon, Running Wild, Machine Head, Motörhead, In Flames... ça tient la route, c'est sûr, mais chacun de ces groupes remplirait en France entre un demi-Elysée-Montmartre et un Zénith. Et si on compare avec le Hellfest, le Sweden Rock ou le Metalway, ça fait plutôt sourire. Parmi les gros festivals européens, seul le Graspop proposait moins intéressant (et encore, ils avaient Mötley Crüe et Blind Guardian). En fait, cette année, les deux plus gros festivals du monde ont réussi à faire complet en proposant les deux affiches les moins attractives :D

Par contre, le festival a multiplié les animations, avec notamment la création d'une Medieval Stage, de combats de catch sur fond de metal, la nacelle Jägermeister... Des trucs sympas, qui permettent de passer de grands moments bien délirants, mais ce n'est peut-être pas ce qui va motiver des gens du monde entier à venir passer cinq jours dans le nord de l'Allemagne.

Bref, tout cela laissait croire que Wacken était en train de changer, de se transformer en un gigantesque parc d'attraction metal, en grande machine à fric. Ca l'a toujours plus ou moins été, dans le fond, comme tout gros festival, mais les bons côtés l'emportaient toujours très largement sur le reste. Cette fois, il yavait un peu de quoi être dubitatif. En plus, un groupe qui me motivait particulièrement, Mägo de Oz, a annulé (remplacé par Suidakra, que j'aime bien mais trois tons en dessous quand même), de même qu'Anthrax pour cause de limogeage de chanteur une semaine auparavant. Bref, le menu n'est pas très affriolant a priori. En plus, sur le plan personnel, un certain nombre d'amis et de connaissances qui y vont régulièrement et avec qui j'ai passé de grands moments là-bas ont décidé de ne pas y aller ou ont été empêchés (l'annulation la plus récente étant celle de Talasqueen of the night, qui avait illuminé le Wacken 2007 à coups de baguette magique)

Pourtant, j'étais bien décidé à y aller. Déjà parce que ce sont les vingt ans de mon festival préféré et qu'il était hors de question que je loupe ça! Ensuite parce que je n'y avais pas été l'année dernière et que ça me manquait. Comme je ne suis plus à Paris mais à Toulouse, par contre, je n'y vais plus en voiture mais en avion, ce qui est pratique mais qui enlève un peu l'aspect de pélerinage rituel.

Avec Mister Double T, on décole de Blagnac le mercredi midi, avec escale à Munich une heure plus tard. On est visiblement les seuls metalleux de la région à avoir pensé à aller à Wacken en avion ce jour-là. A Munich, on n'est d'ailleurs pas plus nombreux dans ce cas. Ca nous fait arriver paisiblement à Hambourg vers 15h45. Je détaille un peu le trajet pour ceux qui, à l'avenir, souhaiteraient se rendre à Wacken ou au Headbangers Open Air en avion, si ça peut donner quelques tuyaux :D Sitôt les bagages récupérées, on tombe sur une grosse pancarte dans l'aéroport, avec le logo du festival et la direction pour aller prendre la navette. On tombe sur un groupe d'Esagnols qui sont un peu dans le même cas que nous, et on arrive devant le bus. En fait, c'est la société Metal Travel qui organise ces déplacements, et il fallait réserver. La fille de l'organisation nous explique que ce bus-là est plein mais que peut-être que le prochain, dans une heure et demie, aura encore des places libres, et que c'est 16€ l'aller. Bref, on va essayer les transports en commun comme on l'avait révu initialement! On se ballade donc dans l'aéroport à la recherche d'un bus ou d'un train qui nous amènerait à la gare de Hambourg-Altona. On finit par trouver un accès au RER local dans l'aéroport même. Au moment où j'essayais de déchiffrer le plan du réseau de transports hambourgeois, un couple de petits vieux très serviables m'explique spontanément où et comment prendre des tickets de train, et le trajet le plus simple pour aller à Itzehoe. On remonte donc au distributeur automatique, et un black chargé de renseigner les gens nous demande en allemand s'il peut nous renseigner. Je me dis qu'il est peut-être originaire d'Afrique francophone, et je m'adresse donc à lui en français... et il est effectivement bien francophone, ce qui est quand même plus simple qu'une discussion dans un allemand approximatif :) Nous entendant discuter en français, un Roumain d'une cinquantaine d'années et son fils de 15 ans se joignent à nous, et finalement on fera le trajet ensemble: déjà parce que les Roumains vont aussi à Wacken, et aussi parce qu'on a pris une formule un billet pour cinq (même si au final, on était quatre) à un tarif très avantageux. En gros, ça nous fait payer moitié prix par rapport à quatre billets individuels. Le Black nous a quand même dit que c'était un tarif promotionnel pour ce week-end là. On prend donc le RER jusqu'à la gare Altona (à ne pas confondre avec Hamburg Hauptbahnhof, l'autre gare de la ville). Il s'arrête sur une vingtaine de stations et le trajet dure une petite demi-heure. Les Roumains sont sympas, et ce sont des figures de la scène de leur pays. Le père possède la plus grande salle de concert de Bucarest, et le fils est le batteur de X-Plod, groupe roumain vainqueur du tremplin Metal Battle qui figurera donc au Wacken. A la gare, alors que j'allais regarder le plan, une Allemande nous demande si on cherche une destination particulière, et nous amène spontanément sur le quai du prochain train en partance pour Izehoe. Une telle serviabilité surprend toujours quand on est français, en tout cas ce n'est pas dans le métro parisien que ça arriverait ! Le train part à 17h10, et on en a pour trois gros quarts d'heure avant d'arriver à la gare d'Itzehoe. Je m'attendais à voir des hordes de metalleux dans le train, mais en fait pas du tout. On était certes quelques uns, mais c'était très calme et on se fondait avec les voyageurs locaux. Une fois arrivés, on laisse nos compagnons de route roumains, qui devaient retrouver leurs potes, on prend un peu à manger et à boire, et on va voir où se trouve la navette direction Wacken. C'est très facile à trouver, juste en sortant de la gare. Impossible à louper, avec les stands Wacken et de restauration. On paie 3,50€ l'aller, et le mec du guichet nous dit de venir réserver l'horaire de retour le samedi entre midi et 14h (en regardant le running order, avec Mister Double T, on est ravis de savoir que ça va nous faire louper Rage...). On entre dans le bus, toujours dans un calme olympien assez étrange pour une arrivée à Wacken. Jusque là, mes allers pour Wacken, c'étaient metal signs et Wacken screams avec n'importe qui sur les aires d'autoroutes. Chez les piétons, c'est pas tout à fait ça. A un moment, quand même, Thierry et moi avons chanté une chanson de supporters de l'OM, et là un groupe de jeunes Allemands s'est mis à chanter d'autres trucs à son tour, m'enfin c'était gentillet. Autre surprise: calme intégral sur la route, on ne croise aucune voiture ou presque. Les habitants qui nous voient passer nous font par contre de grands sourires et des metal signs, quel que soit leur âge d'ailleurs. Les Allemands ont vraiment un grand sens de l'hospitalité. En fait, on traverse la cambrousse allemande (très jolie, par ailleurs) dans le calme, sans la moindre encombre. Quand je pense aux galères qu'on avait connues en arrivant deux ans auparavant! C'est à se demander où sont passés les 75000 personnes. Par contre, quand on arrive à Wacken, le changement est radical. On arrive au parc d'attraction de Wackenland sitôt le panneau de l'entrée du village franchi! Toutes les rues, tous les commerces de ce petit village de 2000 habitants sont dédiées au festival. Les jardins des habitants de la Hauptstrasse sont improvisés en biergarten, les stands de nourrriture, de boissons et merchandising en tout genre fleurissent de partout, le tout dans une ambiance bon enfant. Les metalleux font leurs courses, s'approvisionnent, ou vont simpement se ballader et se restaurer, le tout sous le regard complice et amusé des habitants du coin, qui n'hésitent d'ailleurs jamais à taper la discute ou prendre un verre avec les hordes de barbares qui envahissent leur territoire. J'espère qu'en France, les habitants de Clisson auront tous un jour cet état d'esprit malgré ces connards d'ultra-cathos qui veulent faire interdire le Hellfest... Le bus nous dépose juste aux guichets, ce qui est bien pratique. Sauf que Mister Double T et moi-même, en tant qu'animateurs de choc de Metal Nemesis et habitués de lieux, on a des invites, et que le guichet n'est pas du tout là. Ca a changé de coin par rapport aux années précédentes (on croyait que c'était à côté, on l'a eu DLC), et c'était pas à côté. En fait, c'était dans un coin reculé à l'orée de la forêt, pas franchement évident à trouver. En plus, ni Thierry ni moi n'avons le sens de l'orientation... Finalement, des Allemands qui s'y rendaient nous ont accompagnés, mais on a quand même tourné une grosse heure avant de trouver, avec nos bagages sur le dos sinon ça n'aurait pas été drôle!

Ensuite, direction le camping! On devait initialement se retrouver avec Eklipse et la bande des Dijonnais, mais ceux-ci étaient trop loin, exilés au camping U (ça allait jusqu'à la lettre Y!). Laex et Thaï, arrivés en avion de Toulouse la veille, étaient par contre au camping C, juste à côté de l'enceinte du festival, donc c'était vite vu. Le fait d'être piéton à Wacken présente un avantage immense: on n'a pas de voiture à garer! Les Metal Guards n'ont donc pas à nous dire à quel camping il faut aller se garer, on n'a pas non plus à négocier avec eux et à leur expliquer que des potes nous attendent à tel ou tel endroit. Bref, on pose notre tente où on veut. Et pile en arrivant à l'entrée du camping C, on tombe sur Laex et Thaï! Ca y est, la fine équipe de Metal Nemesis est au complet pour un festival qui, contre toute attente, va s'avérer fabuleux.

Alors le camping, c'est clair qu'il n'est pas vide! Le site du festival non plus. Pour la première fois, il y a des concerts le mercredi, au Biergarten (pour les fans de Mambo Kurt), sous la Wet Stage (la tente pour les petits groupes), et à la nouvelle Medieval Stage. Laex et Thaï avaient été voir le groupe de folk suédois Fejd sur cette dernière, et un "secret show" sous la Wet Stage qui ne devait passionner véritablement que les Allemands puisqu'il s'agissait du groupe de rock germanophone Freiwild. On voudrait faire un tour à la Wet Stage pour voir ONKEL TOM. Ce dernier est un grand habitué de Wacken, donc c'est logique qu'il soit aux vingt ans du festival. Comme je ne l'ai pas vu depuis 2005, j'ai bien envie d'y faire un tour. Au téléphone, le Gasp et Gandalf me disent que c'est impossible d'y accéder ! Gandalf me dit qu'il nous attend au biergarten de la Medieval Stage, tandis que le Gasp reste à l'extérieur pour écouter, en essayant de nous retrouver. Alors effectivement, c'est quasiment impossible de se frayer un chemin à l'entrée du chapiteau. Mais finalement, une fois à l'intérieur, c'est tout à fait respirable et on circule bien. C'est simplement que l'entrée fait office de goulot d'étranglement et qu les gens sont massés devant. Pour le concert en lui-même, bah c'est du Onkel Tom, c'est à dire des chansons à boire germaniques version thrash ! On entre sur le très festif "Schnaps, das war sein letztes Wort", le public chante les paroles en choeur, mais je crois que je ne suis pas assez bourré pour réellement apprécier. En plus, le groupe n'enchaîne pas les morceaux et Tom Angelripper ne meuble pas vraiment, ce qui fait que ça manque de rythme. Mes compagnons n'adorant pas spécialement, au bout de trois morceaux, on décide de ressortir et d'aller rejoindre Gandalf et Damnation Game.

L'occasion de découvrir l'espace de la Medieval Stage, placé juste à côté de l'enceinte du festival, avec des gens costumés, des spectacles, des stands avec des objets ou plats médiévaux, et surtout un biergarten très sympa et convivial. On redécouvrira tout ça le lendemain. Là, pour l'instant, ce sont les retrouvailles avec Gandalf et Damnation Game, accompagnés par le trio infernal et de Morfal, Toxictom et Tsech qui foutent un bordel pas possible: Morfal en mode barbare, Toxictom dans ses délires auxquels je ne comprends rien, et Tsech qui cherche à tirer sur tout ce qui bouge, surtout ce qui a des seins! Je dois dire que cette année, leurs délires à eux trois sont un peu trop trash à mon goût et que je ne les observerais que de loin... M'enfin en tout cas, ils mettent de l'animation! Quand le Gasp nous rejoint, Damnation Game a d'ailleurs viré Toxictom qui voulait prendre sa place (vexé et trop torché pour comprendre quoi que ce soit, il s'est d'ailleurs cassé), puis elle nous a fait jouer à un petit jeu rigolo avec des décharges électriques, qui aurait pu être encore plus rigolo si on avait eu des choses plus fortes à boire que de la bière à se mettre sous la main. Puis on décide de raccompagner le Gasp à son campement, où je revois avec bonheur Hallowedhail et Indy, plus des Dijonnais que j'avais eu une fois ou deux l'occasion de croiser, et où on va même réveiller David sous sa tente pour que je lui dise bonjour ! N'empêche que c'est clair qu'il est loin, ce camping U, et on en a plein les pattes en rentrant vers quatre heures du mat'!

JEUDI 30 JUILLET 2009

C'est sous le vent que l'on se réveille pour cette première vraie journée de festival. Ca fait du bien quand on sort d'une tente surchauffée, mais du coup, ça va être une journée au climat très changeant. Un vrai climat à la bretonne, quoi! J'avais eu droit à un peu toute sorte de temps en festival, mais jamais encore à du vent fort. Je préfère toujours ça à de la grosse pluie en continu, mais c'est pas le top, surtout que ça amène des nuages (en même temps, ça les fait aussi partir) et que ça fait tourner le son pendant les concerts. Pendant toute la journée, on va avoir des alternances entre beau temps et averses, avec toujours du vent. La pluie ne sera jamais très forte à part deux fois, et ça ne durera jamais plus de vingt minutes, mais à un festival de plus de 70000 personnes en pleine cambrousse, c'est suffisant pour qu'il y ait de la boue partout. Et puis ce vent, il était fort et assez froid. D'ailleurs, certaines tentes mal fixées et un certain nombre de baches se sont envolées dans le camping.

En allant à la douche, on passe par le camping VIP (les douches backstage ont un avantage: elles sont individuelles, en plus elles sont gratuites maintenant) où l'on croise Griselda et Julie, qui venaient d'arriver après avoir voyagé de nuit, puis Gandalf et Damnation Game, qui nous expliquent que c'est le bordel au niveau du merchandising officiel: que ce soit au village ou à l'extérieur de l'enceinte du festival, les stands sont dévalisés et il y a à chaque fois une queue d'une heure. Pour le coup, les organisateurs n'ont pas eu le compas dans l'oeil sur les quantités. Quand même, c'est le tee-shirt des vingt ans du groupe et c'était sûr qu'il y aurait beaucoup de demande ! Un peu plus tard dans la journée, je réussirais quand même à me procurer l'un des derniers sweats à capuche (accessoire vital au vu de la météo du jour) qui restaient, sans faire de queue particulière d'ailleurs. On retourne au camping poser les affaires, puis on fait un tour des lieux. D'abord, on va voir plus en détails la Medieval Stage, dont on n'avait vraiment vu que le Biergarten la veille. C'est un endroit vraiment sympa et convivial. L'Antre II Monde pourrait très bien y avoir un stand :) En fait, c'est un espace à part, avec une petite scène, des stands divers et variés en rapport avec le Moyen-Age, et des jeux sympas comme les combats d'épée, le jeter de hâche ou de lance, ou encore des combats à coups de sacs de paille mouillés à califourchon sur un rondin. C'est dommage qu'il faille payer entre trois et cinq euros pour faire ces jeux-là. Il y en a un qui est gratuit, par contre, avec même une récompense au bout: on se fait attacher à un carcan pendant qu'une charmante demoiselle en tenue de servante administre de jolis coups de fouet. Et elle y va de bon coeur ! Ceux qui acceptent de se soumettre à ce supplice gagnent un paquet de biscuits. Ach! Ach! Ach! Malgré mes tendances SM bien connues, je n'ai pas tenté l'expérience :) Ils vendaient du met (un genre d'hydromel germanique) et du wikinger blut (la même chose parfumé à la cerise) en bouteille de 75cl, ou ils le servaient dans un pot en terre cuite (un peu plus cher à la consigne, mais très joli, j'en ai d'ailleurs ramené un). A signaler aussi que le bar de l'entrée de cet espace est un drakkar aménagé. Bref, j'aime beaucoup cet endroit.

Après ça, c'est l'heure d'aller manger et comme je tanne sans arrêt mes camarades coanimateurs avec la délicieuse choucroute atomique au jarret, direction le Biergarten! Le lieu est fidèle à lui-même, avec des dizaines et des dizaines de tables et de bancs et la meilleure bière du festival, à savoir la Franziskaner, qui est largement meilleure que la Beck's servie dans l'enceinte du festival, elle-même meilleure que la bière estampilée Wacken vendue au Supermarkt. Par contre, le stand de nourriture est à part et la choucroute n'est plus servie dans des assiettes consignables mais dans des assiettes en carton jetable ou dans du pain. Mais elle est toujours aussi délicieuse... et explosive ! :D Par contre, le temps ne se prète pas trop à la dégustation paisible de choucroute à table. On a droit notamment à une jolie averse à grosse gouttes juste au dessus de nos assiettes, au point qu'on a dû mettre nos chapeaux, sacs ou casquettes dessus pour ne pas avoir nos choucroutes innondées (surtout que c'est quand même 9€ l'assiette). Heureusement, cette pluie passera rapidement et on pourra finir nos choucroutes au jarret tranquillement.

On continue la visite en allant au Metalmarkt. Comme on n'a pas envie de payer l'entrée de la tente, on fait juste les stands autour. Comme chaque année, ça fait un peu village du Far West avec toutes ces tentes autour de la grande allée. Ils vendent vraiment de tout: disques, chaussures, accessoires goths en tout genre, tee-shirts (certains vraiment pas chers), drapeaux et gadgets divers et variés. Si on a beaucoup de monnaie sur soi, c'est vraiment le paradis.

Enfin avec tout ça, l'heure avance et le festival ouvre ses portes. On ne se prend pas trop la tête pour ça, vu le programme: a priori, seuls Running Wild et Haven and Hell nous intéressent, et le secret show promis en remplacement de Thin Lizzy et Anthrax nous fait plutôt rigoler. On se demande en rigolant s'il va s'agir de Destruction, Sodom, Rose Tatoo ou Holy Moses, groupes que j'apprécie mais qui prètent à rire quand on parle d'annonce de show surprise en remplacement de groupes de renom, et surtout que l'on a vus et revus à de très nombreuses reprises (du moins pour ceux qui font souvent des festivals en Allemagne) ! En entrant dans l'enceinte, l'écran géant diffuse des extraits de concerts de l'édition précédente. On peut voir notamment Leave's Eyes. Puis le groupe d'ouverture arrive. Il s'agit d'illustres inconnus du nom de SKYLINE. Ils ouvrent le festival en fait parce que c'est le vingtième anniversaire et qu'ils avaient participé à la première édition, en 1990. C'est aussi le groupe dont Thomas Jensen, l'un des organisateurs du festival, est ou a été le guitariste. En tout cas, il se trouve sur scène avec eux. On retrouve Gandalf et Damnation Game, et on écoute d'une oreille distraite sans trop regarder la scène. Puis on entend une voix familière. Eh oui, c'est celle de Doro ! Celle-ci chante une chanson dont les paroles sont inscrites sur l'écran pour faire karaoké. Il s'agit en fait de "We are the metalheads", une chanson censée être fédératrice et devenir l'hymne officiel du Wacken Open Air. Elle est plutôt drôle, en fait, cette chanson. C'est sûr qu'on la retient facilement: le refrain, c'est "We are, we are, we are the metalheads! They think we are crass but we kick their ass"! Même Manowar aurait fait des textes plus recherchés :) Enfin au moins c'est drôle, pas prise de tête et ça se retient bien. Le groupe fait ensuite des reprises correctes de "Fear of the dark" d'Iron Maiden et de "Whisky in the jar" de Thin Lizzy, puis Tom Angelripper vient sur scène pour jouer une nouvelle chanson hymne à Wacken, du nom de "Auf nach Wacken". Pas franchement la plus inspirée d'Onkel Tom, d'ailleurs... Ensuite, ça enchaîne sur "Es gibt kein Bier auf Hawaii", du même Onkel Tom, et là on décide tous de s'en aller. La mise en bouche n'est pas désagréable, mais bon...

Direction la Wet Stage pour aller voir nos compagnons de route roumains de la veille, en l'occurrence X-PLOD ! Ce groupe a une particularité: c'est le plus jeune de l'histoire du festival. Le membre le plus âgé a 15 ans, le plus jeune à peine... 11 ans ! Par contre, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, parce qu'ils étaient sur scène, ils attendaient de jouer... et finalement ils ont quitté la scène avec les roadies. Ne les ayant pas revus en backstage, je ne saurais dire ce qui s'est passé.

Ensuite direction la Party Stage pour voir DAD alias Disneyland After Dark. Je ne connaissais ce groupe danois que de nom. Leur patronyme m'a d'ailleurs toujours fait délirer, c'est un groupe au statut assez culte et c'est donc l'occasion de les découvrir. La Party Stage est plus accessible qu'il y a deux ans (plus d'arcade faisant un goulot d'étranglement, ce qui permet une bonne circulation d'une scène à l'autre), mais les problèmes de son ne sont toujours pas réglés et les interférences avec les scènes principales sont nombreuses :( Les Scandinaves pratiquent un hard rock mélodique et pêchu avec une bonne dose de fun. Ils sont tous en costard cravate sur scène, de bons délires et une petite touche rockabilly. Le batteur et le bassiste sont particulièrement doués. Reste qu'il manque quelque chose pour que ça m'accroche vraiment. C'est de la bonne musique, agréable à écouter, mais ça ne retient pas mon attention plus que ça. Avec Laex, on décide d'aller voir ce qui se passe à côté pendant que Mister Double T et Thaï restent jusqu'au bout.

Et à côté, sur la Black Stage, c'est SCHANDMAUL. Je connais un peu ce groupe allemand, dont je possède un album live que j'écoute de temps à autre avec plaisir. C'est le troisième Wacken que je fais auquel ils figurent, et je n'avais pas eu encore l'occasion de les voir. A chaque fois, un groupe plus intéressant passait ! Là, ce n'est pas le cas, donc on trouve une bonne place et on profite de la prestation du groupe. Ils pratiquent un fok metal germanophone de bon aloi, et c'est l'un des plus gros groupes du style derrière les indétrônables Subway To Sally et In Extremo. Je savais que Schandmaul marchait bien en Allemagne, mais je n'imaginais pas que c'était à ce point. Quand on regarde l'écran, ou tout simplement quand on se retourne, on s'aperçoit qu'il y a une mer de fans pour les soutenir, aussi nombreuse que pour les têtes d'affiche. Et ce ne sont pas seulement des curieux venus découvrir un groupe, puisque le public reprend tous les morceaux en choeur. Je connais quelques chansons dans le lot, mais pour l'essentiel, je découvre. Et ça me plait beaucoup ! Schandmaul propose des titres tour à tour festifs, mélancoliques et émotionnels, et avec un public à fond derrière, ça le fait grave. Les guitares sont assez légères, lorgnant plus vers le folk rock que vers le metal à proprement parler. Les membres du groupe sont en tenue d'époque. Les instruments traditionnels (flûte, clarinette et cornemuse) sont tenus par deux filles fort mignonnes. Le chanteur est dué et posssède un certain charisme. Il n'a en tout cas aucun mal à faire bouger un public allemand entièrement acquis à sa cause. Il n'y a pas vraiment de rondes et de farandoles, mais ç bouge bien et tout le monde chante à l'unisson. Je savais que j'allais apprécier ce concert, parce que j'aime beaucoup ce style et que ça passe en général bien sur scène. Eh bien j'ai carrément adoré ! Je ne savais pas que Schandmaul était aussi bon. Je pense que je me pencherais d'un peu plus près sur leur discographie, et, si j'ai l'occasion de les revoir (à mon avis à un festival allemand), je ne les manquerais plus.

Playlist de SCHANDMAUL:

  • Intro
  • Kein Weg zu weit
  • Wolfsmensch
  • Drachentöter
  • Leb
  • Mitgift
  • Lichtblick
  • Krieger
  • Vogelfrei
  • Herren der Winde
  • Der letzte Tanz
  • Walpurgisnacht
  • Dein Anblick

On retourne ensuite à la Party Stage retrouver les autres et voir le fameux "secret show" ! Et on en a la certitude maintenant: ce sera JBO ! Déjà, en voyant des tee-shirts du groupe au rayon merchandising avec les tee-shirts des autres groupes officiellement annoncés, on pouvait s'en douter. Et en voyant en plus des ballons roses à l'arrière de la scène, la certitude est désormais acquise que ce seront les Bavarois qui remplaceront Thin Lizzy et Anthrax. Alors c'est sûr que niveau style et statut, JBO ne fait pas le poids en comparaison. Sauf qu'on est en Allemagne et que ce groupe y est très important. Leur metal parodique est super bien foutu et ça touche vraiment à tous les styles. Ils ont quand même réussi à se rendre célèbres en reprenant "Roots bloody roots" version Pavarotti ! Ils comptent à leur répertoire nombre d'autres reprises délirantes, qui font que même si l'on ne comprend pas leurs jeux de mots dans la langue de Goethe (moi-même, je n'en comprends que la moitié), il y a de quoi bien rigoler. Mister Double T est bien dubitatif au départ mais moi, en tout cas, je suis très content, Laex aussi. Je garde un souvenir mémorable de leur prestation ici-même en 2004, où ils concluaient le festival dans la joie et la bonne humeur, ainsi que de leur concert de 2007 où Talasquin s'était illustré dans la foule avec une tenue qui correspondait parfaitement au groupe :D La Party Stage est rapidement prise d'assaut par une horde de fans, preuve de la grande popularité du groupe. Le groupe débarque sur "Im Verkehr", repris en choeur comme il se doit par un public qui lui est entièrement dévoué. On est sur le devant côté gauche et il y a de l'ambiance. C'est d'ailleurs la pluie de slammeurs, assez pénible quand on se prend de grands gabarits sur la tête. Il y a même quelques pogos sympas, et ça chante bien en choeur dans le public. Je connais un certain nombre de leurs chansons originales qu'ils jouent ce jour, telles que "Bolle", "Ich möchte gern an metal hören", la ballade "Ein guter Tag zum sterben" ou "Rock Musik". Mais ce sont surtout leurs reprises que je trouve fabulissimes. "Give me dope Johana" est asez fidèle au morceau parodié mais c'est un regal quand tout le monde la reprend en choeur en étant mort de rire. Et les nouvelles reprises du nouvel album du groupe (qui s'intitulera "I don't like metal (I love it!) et estpréu en août) sont encore plus excellentes. Ainsi "Vamos à la playa" devient "Geh mer halt zu Slayer", "Raining blood" n'est pas une reprise de Slayer mais de "It's raining men" des Weather Girls, sur laquelle il y aura un joli circle pit, "King of the headbang boing" est une reprise metallisée de Manu Chao... Et tout ça, ça le fait grave ! A chaque fois Vito, le chanteur délire avec le public et ses "danke Wacken" se voient répondre en choeur "bitte Vito". Je ne comprends pas tous ses délires, mais il y a en tout cas une belle interaction avec le public. Le set se conclut en beauté avec "Verteidiger des Blödsinns", parodie de Judas Priest, et "Ein Fest", reprise de "Go West" des Pet Shop Boys version Maiden avec des paroles de chanson à boire en allemand. Tout ça fait un peu ambiance de fête de la bière bavaroise, et ça fait passer un excellent moment. JBO n'a certes pas le statut ni la renommée d'Anthrax (à part peut-être en Allemagne), mais rien ne dit que ces derniers auraient aussi bien assuré sur scène avec une telle ambiance. Donc le remplacement, effectué au pied levé par un groupe au stye complètement différent, est une réussite totale. Mes collègues sont également convaincus, y compris Mister Double T qui était pourtant assez réticent au départ.

Avec ça, et alors qu'on pensait qu'on allait passer notre temps à glander et limite à s'emmerder, on n'a même pas pris de pause depuis qu'on est rentrés dans l'enceinte du festival ! Là, par contre, on va faire un tour en backstage parce que le groupe qui enchaîne, DER W, ne nous intéresse pas. Il s'agit du groupe solo de Stefan Weidner, l'ancien chanteur des Böhse Onkelz. Je n'aime pas particulièrement ces derniers, et ce que j'ai pu écouter de Der W sur le net ne m'a pas ému, donc on zappe. On se pose un peu en backstage, histoire de boire un coup tranquille ! L'espace VIP est fidèle à lui-même: un endroit confortable, abrité, avec une salle de presse, un stand de grill et quelques stands de boissons, dont Jägermeister! Par contre, cette année, il ne s'y passera pas grand chose. Peu d'ambiance, pas de filles très courtement et vulgairement vêtues (qui a dit pétasses ?) à part la sempiternelle Angel (qui était d'ailleurs relativement soft cette année... en tout cas rien d'outrancièrement choquant par rapport à d'autres fois)... Bien sûr, on y croise des artistes, beaucoup de gens y vont juste pour se montrer, certains y passent leur temps sans voir un seul concert... Mais cette année, ça perd de son intérêt car il n'y a pas d'animation et pas grand chose à voir. C'est toujours bien pour se retrouver et faire une pause au calme entre deux concerts, mais pour délirer, c'est assez moyen.

Après cette pause, direction la Black Stage pour voir la tête d'affiche du jour, en l'occurrence RUNNING WILD, dont c'est le concert d'adieu. Après plus de vingt-cinq ans de flibuste, la capitaine Rolf Kasparek alias Rock'n'Rolf a décidé de saborder le navire et de mettre un terme à l'aventure Running Wild. Il faut dire que depuis une dizaine d'années, le groupe n'était plus que l'ombre de lui-même: seuls deux albums studio sont sortis, "The brotherhood" (2002) et "Rogue en vogue" (2006) au cours de la décennie qui est en train de s'écouler, et tous deux sont bien inférieurs à ce que le groupe proposait avant. Depuis que Rock'n'Rolf compose dans son salon et utilise Windows comme batteur et qu'il limite ses tournées européennes à trois dates dans la Rhur, une à Hambourg et deux en Bavière, Running Wild est sur le déclin. C'est donc à mon avis une bonne chose que le commandant de bord souhaite mettre un terme à l'aventure, plutôt que de persister dans cette voie et d'achever de décrédibiliser ce groupe. J'avais vu Running Wild au Wacken 2003, où la play-list avait été terrible. J'espérais que pour un concert d'adieu, on aurait droit au moins à l'équivalent, avec un bon show visuel en prime. Que nenni ! En intro, le magazine Metal Hammer et la boite metal de hambourg Headbanger's Ballroom font des petites saynettes de pirates, auxquelles je ne comprends pas grand chose. Ensuite, deux pirates amènent un prisonnier sur scène: il s'agit du vainqueur du concours de tatouages Running Wild organisé par le magazine. Ensuite les notes de l'intro de "Pile of skulls" retentissent et le concert peut commencer. Et là, ça va être assez moyen. Déjà, il n'y a pas de visuel: aucun backdrop, pratiquement pas de pyros, strictement aucun décor de scène... Pour un concert d'adieu qui fera l'objet d'un DVD, c'est un peu léger. Quant au groupe en lui-même, les membres ont tous des tenues pirates (seule fantaisie visuelle du concert) mais on a l'impression que Rock'n'Rolf a recruté des mercenaires à l'arrache, qui se sentent finalement très peu concernés. Le bassiste, Jan S.Eckert de Masterplan, avait notamment l'air de se faire chier comme un rat mort ! On sentait vraiment un manque d'unité au sein du groupe. Rock'n'Rolf semblait content d'être là pour son dernier concert, mais le reste du groupe y semblait tout à fait indifférent. Ce n'était pas très carré et très statique. Et le comble est que, pour un concert d'adieu, ils ont osé placer un solo de batterie au milieu du concert alors que l'on a droit à une play-list plutôt bien foutue. Moins qu'il y a six ans (avec "Chains and leather" et "Treasure island" à l'époque, c'était orgasmique !!!), mais il y a quand même la plupart des classiques. En alignant d'entrée "Port Royal", "Bad to the bones", et "Riding the storm", le groupe attaque assez fort ! Le problème, c'est que ça manque de conviction. En plus, je n'aime pas la manière de Rock'n'Rolf de chanter certains titres comme "Branded and exiled", son chant actuel manquant de hargne. Bref, pour le concert d'adieu d'un groupe important, on attendait un feu d'artifice et on a droit en fin de compte à un pétard mouillé. Pétard mouillé, c'est d'ailleurs le cas de le dire, parce que la météo n'était pas particulièrement clémente, avec bourrasques de vent et pluies intermittentes (notamment pendant vingt minutes assez éprouvantes). C'est ma déception principale du festival, car j'attendais beaucoup plus du concert final d'un groupe qui a bien compté sur la scène heavy, notamment en Allemagne. Je pense que l'achat du DVD se fera sans moi. En tout cas, cette prestation confirme que l'arrêt de Running Wild est plutôt un mal pour un bien. Car quand on a fait des albums mythiques de la trempe de "Under Jolly Roger", "Port Royal" ou "Death or glory" et que l'on finit par s'autoparodier sur les disques récents tout en fournissant des prestations scéniques moyennes, autant arrêter les frais :(

Playlist de Running Wild:

  • Port Royal
  • Bad To The Bone
  • Riding The Storm
  • Soulless
  • Prisoner Of Our Time
  • Black Hand Inn
  • Purgatory
  • The Battle Of Waterloo
  • Drum Solo
  • Raging Fire
  • The Brotherhood
  • Draw The Line
  • Whirlwind
  • Tortuga Bay
  • Branded And Exiled
  • Raise Your Fist
  • Conquistadores
  • Under Jolly Roger

Après un petit tour en backstage, c'est le tour de la VRAIE tête d'affiche de la journée de jouer, en l'occurrence HEAVEN AND HELL ! Eux, ça faisait un bail que je voulais les voir. Lorsque Tony Iommi, Geezer Butler et Ronnie James Dio avaient annoncé qu'ils se réunissaient sous ce patronyme, ça m'avait donné une belle érection. En plus, le live qu'ils avaient sorti en 2007 après la première tournée était plus que convaincant. Mais je n'avais jamais réussi à les voir jusque là. A cause de mon boulot, j'ai été privé de Hellfest où ils jouaient cette année, et ils ont annulé leur venue à Toulouse en juin. Leur présence à ce Wacken est l'un des faits marquants d'une affiche quand même peu spectaculaire, et l'une de mes motivations principales sur le plan purement musical. C'est quand même Black Sabbath qu'on voit là ! Ca ne représente peut-être qu'une période de l'immense carrière du groupe, mais les albums avec Ronnie James Dio au chant sont parmi les meilleurs du sabbat noir (même si je vénère aussi les cinq premiers albums avec Ozzy, hein !). J'ai vu trois fois Dio en solo, et j'ai donc déjà eu l'occasion de voir en live les grands standards de sa période sabbathienne. J'ai déjà dit à de nombreuses reprises le bien que je pensais de l'elfe, du respect qu'impose sa longévité, son âge (que personne ne connait exactement, mais qui dépasse vraissemblablement les 65 ans), son charisme et surtout sa voix toujours intacte malgré le poids des années. Mais avec Heaven and Hell, la voix et l'aura de Ronnie James sont sublimées par la présence d'un autre monstre sacré: Tony Iommi ! Lui, c'est la grande classe à l'état brut. Quand il fait des solos de guitare, il déroule et on l'écoute religieusement :bow: Il n'en fait pas des tonnes, mais il dégage vraiment quelque chose. Dio et Iommi ensemble, c'est tout simplement magique. Il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce que l'on ressent lorsqu'on les voit jouer ensemble. Les deux compères sont ultra-charismatiques et affichent une grande complicité sur scène. Geezer Butler est plus discret (ou bien la caméra est moins souvent braquée sur lui, donc on le voit moins que les deux autres sur l'écran géant) mais les fois où on le voit, il en impose aussi. Quant au battur, Vinnie Apice, il est tellement bon qu'il a réussi à me plaire pendant un solo de batterie :D En prime, on a vraiment des lights! Outre les images fractales et clips diffusés en fond d'écran, le groupe bénéficie de jeux de lumières extraordinaires. Les organisateurs du festival avaient annoné qu'ils investiraient là-dedans et ils ont tenu parole. Désormais, voir un groupe à Wacken, du moins sur les grandes scènes, c'est l'assurance de le voir dans les conditions optimales avec des shows qui seraient, d'un point de vue technique, difficiles à mettre en place ailleurs. Sur le plan visuel, ce concert de Heaven and Hell est l'un des meilleurs de toute ma vie. Avec tout ça, le public est galvanisé et c'est la grande messe de célébration du sabbat noir. Les nouvelles chansons comme "Bible black" passent très bien aux côtés des standards que sont les morceaux des mythiques "Mob rules" et "Heaven and Hell". Pour mon plus grand bonheur, le très sous-estimé "Dehumanizer" que je trouve génialissime n'est pas oublié ! J'ai des frissons dans l'échine quand le groupe joue "I" et "Time machine". Mais le point d'orgue de ce concert, et l'un des plus grands moments de ce festival, c'est "Heaven and Hell" (la chanson). Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ce genre de grands moments live, il faut les vivre ! Des dizaines de milliers de personnes faisant "ohohoh" et chantant à l'unisson la mélodie et le refrain de cette chanson, c'est absolument grandiose. Rien que ça, ça valait le coup de faire le déplacement jusque dans le nord de l'Allemagne. Y'a pas à dire, les vieux savent vraiment y faire pour faire de grands concerts et bien tenir une scène. Dio et Iommi über alles !

Playlist de HEAVEN AND HELL:

  • E5150
  • Mob Rules
  • Children Of The Sea
  • I
  • Bible Black
  • Time Machine
  • Fear
  • Falling Off The Edge Of The World
  • Follow The Tears
  • Die Young
  • Heaven And Hell

  • Country Girl
  • Neon Knights

Ainsi s'achèvent les concerts de cette première journée, et on est heureux ! On va fêter ce bonheur en backstage d'abord, puis (parce que l'espace VIP est d'un intérêt franchement limité cette année) au Biergarten, à la tente de l'oncle Uwe (à côté du Biergarten, un saloon sponsorisé par Beck's avec une ambiance sympa) et du côté de la Medieval Stage. Puis, vers 5h du mat', on rentre se coucher en faisant vingt minutes de pause à l'abri pour cause de très forte averse... à seulement vingt mètres de nos tentes !

VENDREDI 31 JUILLET 2009

La nuit ne durera pas plus de trois ou quatre heures pour ce qui me concerne, car après huit heures du mat' sous une tente, j'étouffe. En plus, en sortant, on s'aperçoit que le beau temps est de retour. Il y a toujours des nuages à l'horizon et un peu de vent, mais rien à voir avec la veille et on n'aura quasiment plus de pluie pour le reste du festival. N'empêche que le mal est fait: il n'a pas plu tant que ça, mais dans un camping aménagé dans un champ, avec le passage incessant de dizaine de milliers de festivalier, ça fait une gadoue pas possible. Dans certaines allées, il fallait parfois déployer des trésors d'imagination pour éviter les flaques. Vu notre emplacement, juste à côté de l'enceinte, on n'était pas à plaindre, mais ceux qui étaient à l'autre bout du camping ont vraiment dû galérer. De notre côté, on prend le petit déjeuner tranquillement, avec quelques bières pour bien se mettre dans le rythme, du redbull pour faire le plein d'énergie, et on va à la douche en backstage. Puis on revient poser les affaires et c'est parti pour les concerts ! Le programme de la journée est a priori (mais a priori seulement) assez léger, avec pour seuls groupes que je tenais absolument à voir Gamma Ray, Nevermore et Amon Amarth... que j'avais déjà vus chacun entre quatre et sept fois ! En gros, je tenais à voir ces trois-là pour me faire plaisir et le reste, éventuellement à regarder de temps à autres, par curiosité. On peut presque se demander pourquoi j'ai payé 230€ de billet d'avion pour venir là ! Sauf que Wacken, c'est Wacken, et que la journée va s'avérer beaucoup plus intense que prévu en terme de live et d'ambiance.

Ce vendredi marin à 11h, ce sont les Norvégiens de VREID qui ouvrent les hostilités sur la Black Stage. Ils jouent en même temps que Napalm Death, dont je n'ai jamais été fan. Une chose me choque, cependant: c'est un petit groupe norvégien, certes de qualité, qui joue sur la scène principale, alors qu'un groupe mythique comme Napalm est sur la Party Stage. Je préfère certes les premiers, mais ce n'est quand même pas normal. Il y a quelque chose qui m'échappe là-dedans... Enfin bref, ce n'est pas vraiment mon problème après tout, et ça me permet de voir un groupe du statut de Vreid dans des conditions optimales. Je les avais vus une fois en février 2005 en première partie d'Enslaved. Pour ceux qui l'ignorent ou l'avaient oublié, Vreid est un groupe fondé par les membres survivants du mythique groupe de pagan metal Windir (qui est sombré dans l'oubli maintenant que le pagan est un style en vogue, mais qui jouissait d'une belle renommée il y a quelques années), après que l'ancien chanteur de ces derniers se soit noyé dans une rivière gelée. Musicalement, le style de Vreid est différent, mélangeant subtilement black metal froid et rock'n'roll accrocheur, chanté moitié en anglais, moitié en norvégien. Le résultat est efficace et parfaitement taillé pour le live. Valfar, le chanteur, a un certain charisme et le groupe joue très carré. Le son est bon, ce qui sera malheureusement loin d'être le cas de tous les groupes qui joueront ce jour-là. Alternant entre chansons rentre dedans et morceaux plus atmosphériques, Vreid donne un bon rythme à son show et le public adhère bien. Voilà donc un bon concert pour bien commencer la journée !

On enchaîne ensuite sur la True Metal Stage avec les légendaires UFO. Je ne les avais encore jamais vus. Il faut dire que je ne connais pas trop. Je n'en possède qu'un seul disque, le live "Strangers in the night", qui est excellent. Ca va être l'occasion de voir ce que ces papys du hard rock sont encore capables de faire. Bah ils sont capables de beaucoup ! Au chant, Phil Mogg ne ressemble pas à grand chose avec ses cheveux teints en blond platine d'un goût improbable et son pan,talon en spandex bleu. Pourtant, il a énormément de charisme. Il n'en fait pas des tonnes. Au contraire, il en impose par son aisance, sa simplicité et son humour typiquement anglais, plaisantant régulièrement sur l'horaire très matinal auquel joue le groupe. N'empêche qu'on peut se poser la question: comment un groupe de l'envergure de UFO peut jouer aussi tôt à une affiche qui ne comporte que très peu de gros noms ? Il y a parfois des choses qui me dépassent... En fait, j'aurais plutôt vu UFO jouer assez haut placé le jeudi, où se produisent souvent des "dinosaures" du metal (à l'image de Heaven and Hell la veille) En tout cas, quel que soit l'heure, le groupe est bon. Expérimentés, les Anglais savent tenir une scène et mettre l'ambiance. A la guitare, Vinnie Moore déroule de magnifiques solos, certes un peu longs, mais bourrés de feeling. On ne voit pas passer l'heure pendant laquelle la bande à Phil Mogg et Pete Way joue. La play-list est excellente mais une bizarrerie est à y signaler: l'absence de "Doctor, doctor", leur morceaux le plus connu (notamment grâce à Iron Maiden qui s'en sert toujours en guise d'intro de ses concerts). Ca surprend, ça manque, mais le concert n'en est pas moins excellent et les Britanniques repartent sous les acclamations du public.

Playlist de UFO:

  • Saving Me
  • Daylight Goes To Town
  • This Kid's
  • I'm A Loser
  • Helldriver
  • Lights Out
  • Love To Love
  • Too Hot To Handle
  • Rock Bottom

Changement radical de style et d'ambiance avec le groupe suivant sur la Black Stage. Après le hard rock groovy et classieux de UFO, c'est au gros black metal guerrier et brutal de ENDSTILLE que l'on va avoir droit pour midi. Il s'agit de l'un des groupes de black allemand les plus importants actuellement, et en plus, ils sont de la région. Ils ont donc un public conséquent massé devant la scène. La musique d'Endstille est directe et sans fioriture. C'est du black metal rapide, cru et basique, avec des textes chantés tour à tour en allemand et en anglais et une imagerie et des textes basés sur les guerres modernes, dans le style de "Destroyer" de Gorgoroth et surtout "Panzer Division Marduk". Il n'y a pas que dans l'imagerie que Endstille rappelle Marduk. Musicalement, c'est tout aussi rapide et violent que les Suédois. Tout aussi linéaire également, si ce n'est plus. Encore que dans Marduk, on trouve parfois des changements de rythme, des morceaux plus axés sur l'ambiance (certes pas trop dans "Panzer..."). Pas avec Endstille. Les Teutons pratiquent le blitzkrieg en bonne et due forme. Ils ne font pas dans le détail, ni dans la pitié, ravageant tout sur leur passage. Le groupe joue hyper-carré et impressionne avec ses superbes corpse paints blanc et rouge et des clous d'une taille très impressionnante. Le problème, c'est qu'à force de faire uniquement des morceaux rapides, ça perd en efficacité. Ca a beau être violent, au bout d'un moment, on a l'impression d'entendre toujours le même morceau. En plus, on ne peut pas dire que ça aie beaucoup de personnalité. Ce que fait Endstille a déjà été fait par Marduk dix ans avant, et c'est un style un peu limité à la base. Au final, c'est l'ennui qui prédomine. Au bout d'une demi-heure, on décide d'opérer un repli stratégique vers les backstages, histoire de boire et manger un peu. Endstille n'a pas fait une mauvaise prestation en soi, mais les compos sont quand même assez chiantes ! Mais les fans ont l'air d'apprécier, si l'on en juge la qualité de l'accueil.

Ensuite, c'est le premier gros concert de la journée avec GAMMA RAY. Je parle là de gros concert car, si j'ai vu la bande à Kai Hansen un bon paquet de fois (c'était la septième), même si Kai ne s'améliore pas avec le temps du point de vue vocal, et même si le groupe stagne quelque peu niveau compos récentes, c'est un groupe dont je suis fan de longue date et que je ne me lasserais jamais de voir. Bref, une valeur sûre ! Ils sont toujours contents d'être sur scène et leur bonne humeur est bien communicative. Ils ne me démentiront pas cette fois-là. Et pour cause: ils nous sortent une playlist d'enfer devant un public allemand à fond derrière le groupe. Impossible pour un fan de ne pas aimer ce concert ! Le groupe arrive sur "Welcome", l'intro de "Heading for tomorrow", avec un backdrop à l'effigie de la pochette de leur dernier album en date, "Land of the free II". Puis ça attaque direct sur "Heavy metal universe" ! Comme entrée en matière, c'est le top. Surtout que, au milieu de la chanson, au lieu de faire chanter le public pendant un quart d'heure, ils nous placent "Ride the sky", et là c'est l'orgasme pur et simple. Qu'est-ce que je l'aime, cette chanson !!! Et à la fin du refrain de "Ride the sky", on revient à "Heavy metal universe"! Inutile de préciser que le public est à fond dedans et chante comme un seul homme. Le groupe fait preuve comme d'habitude d'une joie de jouer communicative, et Kai, arborant un joli chapeau de cowboy pour se protéger du soleil, est plutôt en voix. Seuls sont à déplorer des problèmes de son, en particulier au niveau des basses, mais ce sera une chose récurrente au cours de ce festival... On aura droit à un autre medley helloweenien d'excellent aloi, avec "I want out" et "Future world" fusionnés. Les standards du groupe s'enchaînent comme des perles. Je déplore tout juste l'absence de "Valley of the kings" et de "Beyond the black hole". Autrement, même si c'est du classique, c'est bien joué dans une super ambiance, donc je prends un pied pas possible. Une surprise, cependant: la présence de "Hail to the metal", un morceau que le groupe a composé dans le cadre de son prochain album mais n'a pas encore enregistré. En fait, ils feraient bien de s'en abstenir. Le titre n'est pas mauvais en soi, et passe bien en live, mais on a quand même l'impression d'entendre une version retoilettée de "Metal Gods" de vous savez qui... J'espère en tout cas que l'album, prévu normalement pour la fin de l'année, ne sera pas entièrement dans ce style, parce que si c'est pas mal, on ne peut quand même pas parler de chef d'oeuvre. Mais en fait, peu importe l'évolution (ou la non évolution) des compos des Allemands: ils sont sympas, ils s'éclatent bien, leur joie de jouer est communicative, bref, ce groupe en live sera toujours un plaisir à consommer sans modération.

Playlist de GAMMA RAY:

  • Welcome
  • Heavy Metal Universe / Ride the sky
  • New World Order
  • Man on a Mission
  • Rebellion in Dreamland
  • Helloween Medley: I Want Out - Future World
  • Hail to the Metal
  • Heaven Can Wait
  • Into the Storm
  • Somewhere Out in Space
  • Send me a Sign

C'est une longue pause arrosée au jägermeister / redbull (entre autres) qui va s'ensuivre ! Voir Walls of Jericho sur la Black Stage ou Tristania sur la Party Stage ne nous fait pas fantasmer, même si le physique et plastique des chanteuses respectives de ces groupes s'y prètent. Mais on laisse les premiers aux coreux, et les seconds aux gothopouffes et au public sopalin ! Là, c'est une heure et demie de pause, sûrement la plus longue que l'on aura de tout le festival, donc il est temps de manger et de boire.

Cette pause s'achève avec la venue d'un groupe que j'adore et que l'on ne voit jamais en France: NEVERMORE. C'est quand même la quatrième fois que je les vois, mais à chaque fois c'est en festival à l'étranger... Cette fois, c'est particulier. Le groupe ne joue qu'avec un seul guitariste, et Warrel Dane, qui a surmonté de sérieux problèmes de santé liés à l'alcoolisme, est maintenant assez bouffi alors qu'à une période, il était rachitique. Mais quel chanteur, toujours ! L'entendre chanter le refrain de "The heart collector" ou de "Enemy of reality" me donne vraiment des frissons. Et enfin, je vois un concert de Nevermore avec le son que le groupe mérite ! Jusque là, c'était toujours assez limite de ce côté-là et ça ne rendait pas vraiment hommage à la finesse des compos du groupe, les noyant souvent dans une bouillie sonore. Cette fois, le son est clair, le groupe parfaitement en place et sur le plan musical, l'absence d'un second guitariste ne se fait pas ressentir. La playlist, basée essentiellement sur les albums "Dead heart in a dead world" et "This godless endeavour", est impeccable pour moi.

Avec Mister Double T, nous devons cependant abréger car nous avions réservé des places dans une nouvelle attraction du festival: la nacelle Jägermeister. Ce truc est vraiment excellent. Pendant vingt minutes, on fait une ballade au dessus du festival. La navette s'élève à cinquante mètres au dessus du sol et la vue sur le festival et le camping est absolument extraordinaire. C'est là aussi qu'on voit qu'il y a du monde, parce que le camping s'étend très loin. N'empêche qu'avec mon vertige, je n'en ramène pas large. On est assis dans des sièges, bien attachés, mais avec les pieds dans le vide, ce qui est bien flippant en soi. Et le pire, c'est quand on regarde en bas ! Par contre, ce qui est cool, c'est qu'ils offrent gratuitement un shot de Jägermeister plus un verre de 25cl de Jägermeister/redbull. Un sac balluchon Jägermeister est également offert. Bref, ça vaut vraiment le coup et en prime, c'est gratuit. Il suffit juste de s'inscrire et de donner son numéro de téléphone, et l'on sera prévenu par SMS par tirage au sort et en fonction des disponibilités. En plus, tout là haut, on entend très bien les grandes scènes. C'est ainsi que je peux headbanguer sur le final de Nevermore avec "Born", l'un de mes morceaux préférés du groupe, à cinquante mètres d'altitude !

Lorsque l'on descend, Airbourne finit son set, mais on préfère aller retrouver Laex et Thai en backstage et boire avant d'enchaîner le concert suivant. Et pour ce concert-là, il faudra bien boire car c'est HAMMERFALL qui va jouer sur la True Metal Stage ! La dernière fois que j'ai vu les Suédois, c'était au Earthshaker 2006 et j'étais complètement torché, et c'est sûrement l'un des meilleurs concerts du groupe que j'ai pu faire. Pourtant, je suis un ancien fan du groupe. J'ai vraiment idolatré leurs deux premiers albums. Mais malheureusement, depuis "Renegade", ils n'ont jamais vraiment su évoluer, ni composer des chefs d'oeuvres comme ils le faisaient à leurs débuts. La recette a pourtant toujours été la même, mais la magie n'y est plus. En plus, le groupe a perdu avec le départ de Magnus Rosén un super bassiste doublé d'un poseur hors pair. Bref, je considère depuis pas mal de temps Hammerfall comme un groupe de seconde zone. D'ailleurs, la position que peut occuper le groupe dans un Wacken est révélatrice de son statut. Je les avais vus en 2001, il jouaient juste avant la tête d'affiche. En 2005, ils jouaient à 20h. Là, ils jouent en fin d'après-midi... La prochaine fois, ce sera peut-être encore plus tôt, ou sur une scène annexe ? Tout ça pour dire que les Suédois sont depuis un bon moment sur un déclin lent mais qui semble irréversible. Mais fortement alcoolisé il y a trois ans, je m'étais bien éclaté et ça me donne envie de retenter l'expérience. Et au moins un peu d'alcool fera mieux passer les morceaux récents des Templars of steel ! Mister Double T, grand pourfendeur du true metal, a également besoin de boire comme il faut avant d'aller affronter un concert de Hammerfall ! On enquille donc les vodka-redbull, puis on se dirige d'un pas décidé (bien que pas toujours droit !) ves la True Metal Stage. Quand on se place, le groupe vient de finir de jouer "Renegade". Premier constat: ils ont fait dans la sobriété. Oskar Dronjak est devenu blond (je crois en fait que c'est sa couleur naturelle) et n'arbore plus les tenues de tata SM qui ont tant fait son charme. Lui et tous les membres du groupe sont habillés comme à la ville, en fait. Il n'y a pas non plus de décor de scène particulier. L'époque des ponts levis et de la mascotte Hector avec son gros marteau semble bel et bien révolue. Bref, visuellement, Hammerfall n'a rien fait de particulier pour ce Wacken, alors que jusque là le kitsch faisait intégralement partie de l'essence même de ce groupe. Musicalement, le son n'est pas à la hauteur, surtout au début où la basse est à la limite du supportable. Gandalf et Damnation Game vont d'ailleurs battre en retraite. Mais ça va quand même s'améliorer progressivement. La prestation du groupe en elle-même n'est pas mauvaise. Ils sont assez bien en place et la playlist tient la route, même si je regrette toujours qu'ils jouent des morceaux récents... En même temps, je n'ai jamais écouté "No sacrifice, no victory" (un tel titre ne me donne pas envie de sacrifier 15€ !). Quand Joacim Cans annonce qu'ils vont jouer une chanson qui s'appelle "Hallowed be my name", on se regarde tous en éclatant de rire. Ah que c'est beau les vertus de l'alcool ! Mais en fait, les nouveaux titres passent assez bien. C'est bâteau, mais c'est fait pour le live. Cela étant, on apprécie, on se marre, mais on a tellement carburé à la vodka redbull et au jägermeister pendant l'heure qui a précédé qu'on aurait pu délirer sur n'importe quoi d'autre et y prendre du plaisir dans ces conditions. Et je suis toujours aux anges quand j'entends "Heeding the call" et "Glory to the brave" ! Par contre, Joacim n'est pas très inspiré pour ce qui est de tenir la scène. Il est moins communicatif qu'à l'accoutumée, son seul délire consistant à demander à la foule qui possède le nouvel album et qui voit Hammerfall pour la première fois, et à plaisanter là-dessus... Pourtant, en général, c'est un bon frontman qui sait meubler entre les morceaux et faire participer le public. Par contre, vocalement, il assure toujours bien. Au final, on s'est bien éclatés parce qu'on était entre amis et bien imbibés, mais cette prestation des Suédois, pour agréable qu'elle soit, n'est pas des plus marquantes.

Playlist de HAMMERFALL :

  • Blood Bound
  • Renegade
  • Hallowed Be My Name
  • Last Man Standing
  • Heeding The Call
  • Glory To The Brave
  • Life Is Now
  • Any Means Necessary
  • Riders Of The Storm
  • Let The Hammer Fall
  • Hearts On Fire

Après ce bon concert "second degré", nous quittons rapidement les lieux car la Black Stage va être investie par un groupe que je déteste, en l'occurrence Bullets For My Valentine. Direction la Medieval Stage, où je vais voir mon premier live sur cette petite scène avec SWASHBUCKLE ! C'est un groupe à voir absolument sur scène. Ces Américains reprennent les délires pirates de Running Wild et d'Alestorm. La mascotte qui orne leurs pochettes d'albums est d'ailleurs fort similaire à celle de ces derniers. Mais ils vont encore plus loin. Ils sont déguisés en pirates avec tenues intégrales et des mecs déguisés en requin et en péoquet qui viennent arroser le public avec des pistolets à eau ! Ca colle parfaitement au cadre assez intime de la Medieval Stage, d'autant plus qu'il y a le bar drakkar cinquante mètres à côté. Musicalement, par contre, ça n'a rien à voir. Ce n'est ni du heavy, ni du folk, ce n'est même pas épique: c'est juste bourrin ! Swashbuckle, c'est du gros thrash qui tâche et qui arrache. Sur le plan visuel, c'est du gros délire, mais musicalement, ça ne plaisante pas. Leur style me fait beaucoup penser à Nuclear Assault ou à DRI: du thrash ultra-basique aux influences punk et NYHC assez marquées, et des morceaux ulra-courts (aucun ne doit dépasser les deux minutes trente). C'est un peu limité, mais très efficace et taillé pour le live. Ce décallage entre le côté bourrin de leur musique et leurs délires met une ambiance de folie dans le biergarten médiéval, et on a même droit à un petit wall of death. On a affaire là à un groupe sympa et sans prétention, dont la musique passe même en second plan par rapport à l'imagerie et aux délires, et ça nous fait passer un excellent moment de thrash pirate.

Le temps de boire quelque chose et de grignoter, et l'on va voir MOTÖRHEAD. Je ne suis pas fan du groupe. Ni sur album, ni en live. Je trouve ça chiant et linéaire, et surtout, je suis allergique à "Ace of spades" que je ne suporte plus d'entendre reprise à toutes les sauces. A côté de ça, j'ai quand même beaucoup de respect pour le groupe et son parcours, et puis Lemmy a quand même su composer aussi de sacrés brûlots. Mister Double T ayant réussi à ne jamais les voir, on l'accompagne tous. En plus, on nous annonçait le spectacle des Fuel Girls, une bande de strip-teaseuses qui, nous le supposions, allaient égayer visuellement le show. En fait, ça n'avait strictement aucun intérêt: elles sont simplement venues faire le French cancan, se trémousser sur un morceau (je crois que c'était "Killed by death") en agitant des torches, et puis voilà ! En plus, elles ne sont ni belles, ni vraiment bien foutues. Ils auraient mieux fait de nous remettre le bomber... Mais par contre, j'ai bien aimé le concert. Il y avait une belle ambiance dans le public, avec une pluie de slammers. A côté de nous se trouvait l'oncle Tom Angelripper, venu dans le public avec sa copine en simple fan qui va voir son groupe préféré. Comme il y avait toujours un vendeur Becks qui passait avec son tonneau pour servir la bière, on n'avait même pas à se déplacer pour aller boire. Nos verres étaient toujours pleins, sauf quand ils étaient vides, auquel cas nous les faisions remplir. A propos de verres, Wacken avait prévu une autre attraction écolo: une fille qui passait dans le public demander les verres pou les consigner, en l'échange d'un bisou sur la bouche. Concept on ne peut plus sympathique ! J'espère pour elle qu'elle n'a pas attrappé de maladie, si elle a embrassé une dizaine de milliers de mecs sur la bouche.... En tout cas, un peu plus tard, des mecs essayaient d'aller un peu plus loin avec elle que le simple roulage de galoches :) A part ça, la prestation du groupe était bonne. Toujours statiques, mais carrés, et le son est bon, de même que la playlist. Ils auraient juste pu nous dispenser d'un solo de batterie... et de "Ace of spades", bien entendu ! A signaler la présence de Nina C.Alice, chanteuse de Skew Siskin et grande amie de Lemmy, sur "Killed by death". C'est en tout cas le meilleur concert de Motörhead que j'ai vu jusque là. Je pensais zapper le groupe, et finalement je suis resté jusqu'au bout avec plaisir.

Playlist de MOTÖRHEAD :

  • Iron Fist
  • Stay Clean
  • Be My Baby
  • Rock Out
  • Metropolis
  • Over The Top
  • One Night Stand
  • The Thousand Names Of God
  • Another Perfect Day
  • In The Name Of Tragedyn
  • Just 'Cos You Got The Power
  • Going To Brazil
  • Killed By Death (with Nina C. Alice)
  • Ace Of Spades
  • Overkill

Un petit passage en backstage pour manger un bout, et retour sur la Black Stage pour IN FLAMES. Je le dis clairement: je n'en ai plus rien à foutre de ce groupe, dont j'ai été un grand fan jusqu'à "Reroute to remains" inclus. Leur musique ne m'intéresse plus, ils zappent les titres des vieux albums que j'aime tant et, quand ils les jouent, ils les massacrent et les dénaturent en adaptant à leur style actuel très "tendance". Mais sur scène, on a la garantie d'un beau spectacle. On reste donc entre les deux scènes, bien placés pour l'écran, et on admire. Visuellement, In Flames, c'est quelque chose. Des feux d'artifices et des pyros en veux-tu en voilà, des lights magnifiques, plus la superbe ambiance dans le public avec des circle pits impressionnants ! Le son est parfait et le groupe se donne comme d'habitude à fond. On peut reprocher beaucoup de choses à In Flames, mais il faut bien reconnaître que les Suédois savent tenir une scène et se mettre le public dans la poche. Les fans qui paient pour aller les voir en ont pour leur argent. Dans le cadre d'un Wacken, c'est encore plus fort du fait du monde et des conditions de jeu exceptionnelles qui permettent au groupe de déployer tous les effets qu'il veut et de prendre une toute autre dimension. Très bon moment, donc, mais par contre je n'ai pratiquement pas fait attention à la musique !

Playlist de IN FLAMES :

  • Delight And Angers
  • The Hive
  • Trigger
  • Cloud Connected
  • Disconnected
  • Only For The Weak
  • Embody the Invisible
  • Come Clarity
  • Dead End (with Lisa Miskovsky)
  • Alias
  • The Chosen Pessimist
  • The Mirror's Truth
  • The Quiet Place
  • Take This Life
  • My Sweet Shadow

On reste au même endroit pour voir une institution de Wacken et de la scène allemande de manière générale. Il s'agit bien sûr de DORO. La Metal Queen est présente chaque année ici soit pour y jouer, soit pour aparaître en guest. Elle ne pouvait donc en aucun cas louper les vingt ans du festival. Ce n'est pas un hasard si c'est elle qui chante le nouvel hymne de Wacken proclamé par les organisateurs, le désormais fameux "We are the metalheads". Elle ne l'a d'ailleurs pas joué ce soir. Avec Skyline la veille, c'était suffisant :P Par contre, elle va nous faire une bonne prestation avec une excellente play-list, basée essentiellement sur sa période Warlock. De manière assez surprenante, Doro arrive sur scène avec "Für immer". C'est assez surprenant de la voir entammer un concert sur une ballade, mais en fait ça le fait bien. Ca permet d'amorcer la pompe et du coup, quand ça enchaîne sur "I rule the ruins", c'est l'explosion dans une foule toute acquise à sa cause. La Düsseldorfoise est en grande forme, avec le sourire jusqu'aux oreilles en permanence, prête à fêter le vingtième anniversaire du Wacken comme si c'était le sien (elle en a quand même plus du double). Les classiques de Warlock font toujours mouche, mais ses chansons plus récentes aussi, telles "Fight" ou son nouveau tube "Celebrate" qui a fait un carton en Espagne. Ce dernier est d'ailleurs chanté en duo avec la grande copine de Doro, la douce chanteuse de Holy Moses: Sabina Classen ! Je suis d'ailleurs quelque peu surpris que le groupe de celle-ci ne figure pas à l'affiche de ce vingtième Wacken, vu qu'ils y ont joué un bon nombre de fois et que Sabina fait partie du staff du festival... On a droit à une reprise assez originale de "Breaking the law" de Judas Priest, commencée comme une ballade avant de d'envoyer la purée. C'est suffisamment personnalisé pour être intéressant. A la fin, on a bien entendu droit à un rappel sur l'inévitable "All we are" chanté à l'unisson pendant de longues minutes par des dizaines de milliers de personnes. C'est très classique avec Doro, mais ça marche toujours ! En tout cas, la jolie blonde a délivré là une excellente prestation avec un accueil à la hauteur, à mille lieues de la pitoyable pseudo reformation de Warlock ici-même pour les quinze ans du festival.

Playlist de DORO:

  • Für Immer
  • I Rule the Ruins
  • Burning The Witches
  • True As Steel
  • The Night Of The Warlock
  • Fight
  • Above The Ashes
  • Burn It Up
  • Celebrate
  • Breaking The Law
  • All We Are

Après ce concert, on se décale quelque peu sur la gauche (pas énormément, vu qu'on était déjà bien excentrés) pour voir le dernier concert du jour et une grosse boucherie annoncée: AMON AMARTH ! Il y a beaucoup de monde qui s'amasse devant la Black Stage pour les voir. ENORMEMENT de monde, même ! On est impeccablement placés, dans l'axe à dix mètres de la scène, et quand on se retourne, on aperçoit, malgré le fait qu'il soit deux heures du matin, une foule immense qui s'étend très loin à l'horizon. Certes, c'était le cas pour d'autres groupes, mais là, quand même, vu l'heure et la densité de population alentour, on se dit qu'Amon Amarth en Allemagne, c'est vraiment quelque chose. On le savait déjà, bien sûr (c'est d'ailleurs la troisième fois que je les vois ici), mais il faut vraiment le voir pour comprendre la dimension qu'a pris Amon Amarth actuellement Outre-Rhin. Ce qui est un peu pénible, c'est qu'en attendant le groupe, un mec nous entend parler français et vient taper la discute avec nous et s'avère être particulièrement lourd, comme la plupart des Français qu'on a pu rencontrer à ce Wacken, d'ailleurs... Enfin bon, on se dit quand même que ça va bouger une fois que le groupe fera son entrée sur scène, et la suite va nous donner raison. Le groupe met un peu de temps avant d'arriver, parce qu'il faut le temps d'installer le décor de scène (un magnifique drakkar !), mais quand ils débarquent, c'est pour mettre le feu à Wacken. Dans tous les sens du terme, d'ailleurs. Au sens littéral, d'abord, parce que le groupe a des pyros impressionnants. Et au sens figuré, parce qu'ils vont cartonner malgré un son assez moyen. Après l'intro, le groupe arrive sur "Twilight of the Thunder God", chanson éponyme de leur dernier album en date. Dès les premières notes, c'est parti pour les pogos, et c'est l'occasion aussi de se faire un peu d'espace. Mais quand même, cette chanson, elle est taillée pour le live, et c'est vraiment impressionnant quand autant de gens reprennent à l'unisson "THOR ! Oden's son protector of mankind, ride to meet your fate, your destiny awaits " ! Mais alors quand le groupe va jouer son titre le plus brutal, "Asator", ça va être le carnage dans la fosse, avec d'énormes pogos et des parties de headbanging à s'en faire décrocher le crâne. Au milieu du concert, non seulement il va y avoir les pyros mais également les combats de guerriers vikings. Le groupe semble aux anges, le chanteur géant Johan Hegg arborant un grand sourire du début à la fin (assez rare pour être signalé chez un un groupe de death). En même temps, dans de telles conditions et avec un public pareil entièrement acquis à sa cause, il serait difficile de ne pas être satisfait. Sur "Pursuit of Vikings" (chanson que tout le monde attend et que tout le monde connait, dixit le grand Johan), on a droit à un bon petit wall of death (qui sera soft par rapport à ce qui nous attend le lendemain) ! Sinon, les nouveaux titres tels que "Free will sacrifice" ou les festifs "Guardians of Asgard" et "Varyags of Myklagaard" sont parfaitement taillés pour le live. Je regrette un peu, quand même, qu'Amon Amarth ait autant basé son set sur le dernier album au détriment d'un certain nombre de classiques. Mais après tout, l'essentiel, c'est que les Suédois ne zappent pas "Pursuit of Vikings", "Victorious march" et surtout "Death in fire". C'est d'ailleurs avec ce dernier morceau que va se conclure le set. Enorme prestation d'Amon Amarth, donc, avec un visuel impressionnant et un public qui répond massivement présent. Dommage simplement que le son n'aie pas été au rendez-vous. Là, le concert aurait été parfait. Cela faisait deux ans que je n'avais pas vu Amaon Amarth et ça commençait à me manquer !

Playlist d'AMON AMARTH :

  • Twilight of the Thunder God
  • Free Will Sacrifice
  • Asator
  • Guardians of Asgaard
  • Varyags of Miklagaard
  • Runes To My Memory
  • Live for the Kill
  • Victorious March
  • The Pursuit of Vikings
  • Cry of the Black Birds
  • Death in Fire

C'est sur cette belle prestation que se conclut la journée, à trois heures du matin passé. Après un bref passage en backstage, on va finir la soirée au Biergarten médiéval, où l'on rencontrera plein de gens sympas en mangeant de délicieuses brochettes, et où l'on restera jusqu'à la fermeture, à cinq heures du matin. En fait, on s'en fera presque virer après avoir discuté trop longtemps aux yeux des patrons avec une serveuse qui parlait très bien le français :D Et on se jure d'y retourner le lendemain ! Il est temps ensuite d'aller dormir pour une nuit qui va durer au moins trois heures!

SAMEDI 1er AOÛT 2009

Comme toujours quand je dors sous une tente, je me réveille tôt. Je ne suis pas du tout matinal en principe, mais la chaleur est toujours étouffante. Surtout que dehors, la météo est très favorable. Il fait beau et le soleil commence à taper. Je laisse donc mes congénères dormir et je vais faire un tour. Le camping est toujours boueux de l'avant-veille. Les pluies intermittentes et les passages incessants ont fait que ça n'allait pas sécher comme ça. Mais à part dans certaines allées, ça reste pratiquable. Les Allemands se réveillent tous lentement. Certains ont ramené une télé au camping et s'éclatent devant une émission comique... enfin je suppose que c'en était une puisqu'ils rigolaient tous. J'en profite pour m'arrêter au supermarché prendre du matériel de petit déjeuner de festivalier, à savoir des viennoiseries, des pâtisseries allemandes qui tiennent au corps et bien sûr de la bière. Lorsque je reviens à la tente, les autres commencent tranquillement à se réveiller. On fait également la connaissance de charmantes voisines, qui font partie de l'organisation du Rock Area, un petit festival du sud de l'Allemagne qui a l'air bien sympathique. Ensuite on lève l'ancre, d'abord direction les backstages pour la douche, puis vers le village pour le bus du retour. En effet, lorsqu'on avait pris les tickets à l'aller, le gars du guichet nous avait dit de venir réserver le retour le samedi à midi et demi. Après une bonne ballade dans le village le temps de trouver, on réserve le départ pour 9h puis on se gave de saucisses (très bonnes, d'ailleurs) et de bière avant de retourner assez rapidement voir les groupes. Avec Mister Double T, on est quand même assez dégoûtés d'avoir dû louper Einherjer qui ouvrait la journée à midi. Ca aurait été sympa de bien débuter sur des airs viking ! Cela étant, ce n'était qu'un amuse-gueule de ce qui va s'avérer être l'une des journées de festival les plus intenses que j'ai pu vivre, tous festivals confondus. Mais ça, on ne le savait pas encore...

Lorsque l'on arrive dans l'enceinte du festival, RAGE en est au milieu de sa prestation. On avait peur de les louper, et on était donc contents et soulagés de pouvoir les voir, même si ce n'était pas le concert entier. Ayant déjà vu Rage cinq fois auparavant, ça n'aurait pas été dramatique pour moi de les louper mais là, c'éait un concert spécial. Le groupe fête ses vingt-cinq ans en même temps que le festival fait vingt ans et propose une play-list best of avec des guests comme Hansi Kürsch de Blind Guardian (qu'on a loupé), Schmier de Destruction ou Eric Fisch de Subway To Sally pour venir pousser la chansonnette. Ils avaient fait quelque chose de plus impressionnant et mémorable ici-même deux ans auparavant en faisant un concert avec orchestre. Rien de tel cette fois-ci. Au contraire, c'est assez sobre. Le groupe a comme décor de scène un simple backdrop de "Carved in stone", leur dernier album en date. Par contre, ça joue très bien et la joie de jouer des mêmbres du groupe et de lurs invités est communicative. Pour la première fois à un concert de Rage, en tout cas, je n'aurais pas droit à un final sur "Higher than the sky". Et pour cause: ils l'ont jouée au début du concert, en deuxième postition, donc avant qu'on n'arrive. Les morceaux joués étaient judicieusement choisis, en particulier "Down", "Suicide", et l'émouvant "From the cradle to the grave". J'ai bien aimé aussi l'interprétation de leur titre en allemand "Gib dich nie auf" avec le chanteur de Subway To Sally. Les guests s'intègrent bien aux chansons et apportent chacun leur touche personnelle. Même si je n'en ai vu que la moitié, c'est donc un très bon concert que Rage a délivré à cette occasion un peu spéciale.

Changement de style sur la Black Stage avec CATHEDRAL ! On retrouve pour l'occasion le Gasp au poulpon qui frétille, Féfé avec son bandana rose et son girlie WASP top sexy, David au top de sa forme et Hallowedhail en true manowarrior, accompagnés d'une bonne bande de joyeux Dijonnais, pour festoyer sur du gros doom. Enfin gros doom... le style de Cathedral est quand même très hétéroclite. Si les premiers albums sont très oppressants et pachydermiques, les Anglais, tout en conservant leur identité (l'influence du rock 70's et de Black Sabbath ayant toujours été le fil conducteur), ont su proposer au cours de leur discographie des albums rock graisseux et accrocheurs, à la limite du stoner, et d'autres un peu plus hallucinés. Je les avais vus il y a assez longtemps, en 2003, en première partie de Samael à la Loco. J'avais bien aimé mais je ne connaissais pas très bien et ils jouaient dnas les conditions d'un groupe de première partie. A Wacken, le scénario est différent. La bande à Lee Dorrian joue sur la scène principale dans un cadre optimal. Il y a du monde, mais on respire quand même bien, surtout qu'on est en bonne compagnie. En plus, le vendeur Beck's passe régulièrement avec sa pompe pour nous remplir nos verres. Les titres s'enchaînent, balayant un peu toutes les périodes du groupe. J'avais quelques doutes sur l'efficacité des morceaux les plus doom de Cathedral en festival, surtout de jour, mais en fait ça passe très bien. On headbangait tous en choeur... pas très vite, bien sûr, mais à ce rythme nos têtes tombaient plus bas que sur de la musique rapide ou mid-tempo :) Mais dans le lot, le point d'orgue a bien sûr été la pièce épique "Hopkins (Witchfinder general)". Seul point noir de ce concert: le son, un peu trop fort et surtout des basses sursaturées. Sans ça le concert aurait été parfait. En tout cas, ça fait du bien de voir ça, car Cathedral tendait à se faire rare sur scène.

Playlist de CATHEDRAL :

  • Vampire Sun
  • Soul Sacrifice
  • North Berwick Witch Trials
  • Cosmic Funeral
  • Night of the Seagulls
  • Corpse Cycle
  • Ride
  • Hopkins (Witchfinder General)

Après maintes palabres, je réussis à convaincre mes coanimateurs de m'accompagner pour voir TESTAMENT sur la True Metal Stage, en leur expliquant que même s'ils ne sont pas fans, ce sont des bêtes de scène et que dans les conditions d'un Wacken sur une des scènes principales, c'est largement autre chose que les quarante minutes avec un son moisi qu'ils ont pu voir l'hiver dernier en première partie de Judas Priest ! Ils ne vont pas être déçus. Moi non plus. Mais moi, j'adore ce groupe en live. Je les avais vus trois fois et j'ai toujours pris de bonnes claques. Mais rien à voir avec ce qu'on va avoir là. A ce Wacken, comme la plupart des groupes, la bande à Chuck Billy va se sublimer, pour jouer non seulement la meilleure prestation que j'ai pu voir d'eux, mais carément l'un des meilleurs concerts de thrash metal de ma déjà longue carrière de metalleux. Douze titres plus l'intro, une heure de tuerie intense. En plein après-midi, et alors qu'il reste beaucoup à voir de cette dernière journée de festival, Testament va mettre à genoux Wacken. Comme d'habitude, le groupe commence sur "The preacher". Enfin plutôt "The preeeeeeeeeaaaaaaaaacher" !!!!! Et c'est de suite la boucherie dans la fosse. Ca pogote de partout, dans tous les sens. J'ai rarement vu autant de pogos ici en plein après-midi. Surtout que le soleil commence à percer à travers les nuages, et donc à cogner. Mais ça n'assomme pas le public allemand, bien au contraire. Même le Gasp se met à pogoter ! Et c'est alors que Chuck Billy annonce "Over the wall... of death" ! Et on est de plus en plus compressés par les mouvements de foule. C'est alors que j'aperçois un grand vide au milieu de la fosse, qui se rapproche. Avec des gens qui se font face de part et d'autre. Et là je me dis: "oh putain, un wall of death !!!" J'en avais beaucoup entendu parler, mais je n'en avais jamais fait. Là, sur l'un de mes titres préférés de Testament, ça allait être mon baptème du feu. Bah c'est énorme, surtout que celui-là a tourné (c'est le cas de le dire) en gros circle pit ! Sur le solo, j'étais carrément en transe: on était plusieurs centaines à courir en rond en se rentrant dedans tout en chantant l'air de guitare de Skolnick en choeur. Et après ça, des circle pits, il va y en avoir sur toutes les autres chansons. Et intenses, en plus ! Niveau paylist, le groupe a tendance à jouer ses classiques d'entrée et à mettre les titres de "The formation of damnation" plutôt à la fin. Et il faut reconnaître que c'est un bon choix. En jouant les hits au début, ils mettent tout le monde d'accord et le public découvre les nouveaux titres live une fois chauffé à blanc. Et si ça n'a pas forcément fait l'unanimité sur album, les nouveaux morceaux ont convaincu tout le monde sur scène. Je pense même que "More than meet the eye" et "The formation of damnation" sont de futurs classiques de Testament. Après cette énorme boucherie, on est tous vidés mais heureux !

Playlist de TESTAMENT:

  • For The Glory Of
  • The Preacher
  • The New Order
  • Over the Wall
  • Practice What You Preach
  • More Than Meets the Eye
  • The Persecuted Won't Forget
  • Burnt Offerings
  • Into the Pit
  • Disciples of the Watch
  • D.N.R. (Do Not Resuscitate)
  • 3 Days in Darkness
  • The Formation Of Damnation

Mais on n'a pas le temps d'avoir de temps mort, même après un concert aussi intense: il y a BORKNAGAR qui enchaîne sur la Party Stage. Mais en fait, je ne vais pas y rester très longtemps. Après le thrash direct et sans concession de Testament, j'ai du mal à atterrir (ou à m'élever) et je n'arrive pas à rentrer dans le pagan metal progressif et un brin psychédélique des Norvégiens. En plus, Vintersorg n'est pas très en voix et sa nouvelle coupe de cheveux lui donnant un faux air de boy's band divise son charisme par 100. En ajoutant à cela que le soleil tape fort et que je commence à avoir mal à la tête, je préfère renoncer et aller chercher de l'aspirine à la tente, voire me reposer un peu. En tout cas, j'éprouve un besoin vital de m'isoler à ce moment-là.

En passant, j'aperçois HEAVEN SHALL BURN sur la Black Stage. J'aime bien ce groupe et ça m'aurait bien plu de les voir. Dans toute cette scène metalcore, c'est le groupe que je préfère, je dirais même que c'est le seul que j'aime vraiment. Même si pour moi, leur musique s'apparente plus à du death mélodique qu'à du metalcore... En tout cas, j'aime beaucoup la voix de Marcus Bischoff, très haineuse... justement parce que c'est l'un des rares hurleurs du genre qui arrivent à dégager quelque chose. Mais il fallait vraiment que je mange et que je me repose, donc même sort qu'à Borknagar! En tout cas, il y avait de l'ambiance pendant leur show : pogos, jumping, headbanging sauvage, walls of death et surtout des circle pits de partout. Sur un morceau (je crois que c'était "Voice Of The Voiceless"), le public allemand a même réussi à faire un énorme circle pit autour de la console ! Comme dirait Obélix, ils sont fous ces Germains !

Mais ça, coup de barre oblige, j'y ai assisté passivement et en passant. Je sors de l'enceinte et me dirige vers la tente pour me poser un peu. Puis je repars et, après une bonne platrée de nouilles chinoises, retour vers les backstages où je finis par retrouver mes acolytes qui, eux, ont bien apprécié le concert de Borknagar (en particulier Mister Double T). On reste un petit moment à l'espace VIP pour prendre des forces, car on va bientôt entrer dans la dernière ligne droite du festival.

C'est au tour d'un groupe germanique bien festif, qui faisait partie de mes top priorités de ce Wacken 2009, en l'occurrence IN EXTREMO. D'une renommée assez confidentielle chez nous, les troubadours rhénans ont un succès pas possible dans leur pays, leur dernier album "Sängerkrieg" ayant squatté pendant quelques semaines la première place des charts nationaux. Et leur DVD qui vient de sortir connait un succès comparable. J'avais vu ce groupe une fois déjà, ici même en 2002, et j'avais pris une belle claque. J'attendais donc la même chose pour cette fois, avec un groupe aguérri en terme de professionnalisme et d'expérience scénique. Mes attentes seront comblées. In Extremo est une belle machine de scène, et avec un public teuton à fond derrière, cela ne pouvait donner qu'un grand concert. Dommage par contre que le décor de scène soit un peu sobre, sans trop de machins médiévaux sur scène comme ils le font souvent. Par contre, ça joue très carré et le jeu de scène est irréprochable. Ils débarquent sur l'intro d'une chanson de "Sängerkrieg" chantée normalement en français avec un accent tellement à couper au couteau que l'on croirait que c'est de l'allemand :D Enfin là ils se sont contentés de l'intro, donc sans paroles.... Puis ils enchaînent sur les deux premiers titres de cet album, les très catchy "Sieben Köche" et "Frei zu sein", qui font tout de suite mouche. Dès que ça commence, c'est parti pour les mouvements de foule, slams et pogos. Puis à un moment, la foule se densifie, on a du mal à bouger... Jusqu'à ce qu'une clairière humaine se forme. Et dès le premier solo de cornemuse, c'est parti pour les circle pits endiablés ! Je n'aurais jamais imaginé ça sur du In Extremo, mais force est de reconnaître que cette pratique sied parfaitement à leur musique festive. Ensuite, c'est une légère accalmie en terme de mouvements de foule bourrins avec les premières notes de l'hymne "Volmond". Là, les Allemands chantent en choeur les paroles comme seuls des festivaliers allemands savent le faire ! Et après l'intro, c'est headbanging et slams sauvages. Ces crowd surfers sont d'ailleurs assez pénibles, à force. Alors plutôt que de subir cette pluie humaine, mes acolytes et moi-même décidons de faire les Allemands bourrés débiles, en baissant les caleçons des slammeurs et en tripotant les slammeuses là où il fallait... et le pire, c'est que certaines s'en offusquaient :D Mais ça ne les calmait pas pour autant vu le flot qu'il y a eu. De toute façon, dès que les morceaux étaient plus festifs ou rapides, les circle pits repartaient. Outre le délire, les circle pits ont eu l'avantage de faire de la place dans une foule très conséquente, de permettre de circuler et c'était aussi le seul moyen d'endiguer les mouvements de slam. Sur "Ai vis lo lop", grand classique du groupe chanté en occitan (Eh oui!), le chanteur a dit au public de chanter le refrain en choeur et de faire "lalalalalala" s'ils ne comprenaient pas les paroles :D On a donc bien évidemment eu droit à des "lalalalalala" en choeur. Et puis surtout, avec Alex, on a lancé une circle farandole: on a commencé à faire la farandole, à laquelle se sont joints plein d'Allemands derrière nous, on a tourné et tourné... et quand on est arrivé au maximum, ça a viré au gros circle pit :D Et sur le morceau final, la reprise de la chanson traditionnelle scandinave "Villemann og Magnhild", des Allemands ont inauguré une autre pratique: ils font un grand cercle, tous bras dessus bras dessous, et au rythme des percussions ils balancent leurs pieds pour faire le plus de poussière possible avant de lancer une grande ronde... qui virera naturellement en circle pit :D

Playlist de IN EXTREMO :

  • Des Sängers Einzug
  • Sieben Köche
  • Frei zu sein
  • Vollmond
  • Sängerkrieg
  • Poc Vecem
  • Ave Maria
  • Ai Vis Lo Lop
  • En Esta Noche
  • In diesem Licht
  • Flaschenpost
  • Mein rasend Herz
  • Villemann Og Magnhild

Belle boucherie que ce concert d'In Extremo, avec farandoles, slams, circle pit et Allemands qui chantent ! On est un peu sur les rotules après ce concert bien intense, mais on a à peine le temps de se désaltérer avant d'enchaîner sur la suite. La suite, c'est un groupe venu du Danemark voisin et qui est l'une des valeurs montantes du metal contemporain. Il s'agit bien sûr de VOLBEAT. Vu le monde qui est agglutiné pour les voir et la foule qui s'étend à perte de vue lorsque l'on regarde derrière soi, et surtout vu l'heure à laquelle ils jouent (20h, soit juste avant la tête d'affiche), on peut se dire que les Danois sont en train de franchir un pallier en terme de renommée. Ils vont confirmer les espoir placés en eux, en livrant une prestation sans faille. Ils sont carrés, bénéficient d'un son cristallin et leur chanteur s'avère être un excellent frontman. Détail rigolo, ils sont habillés en costard. Je ne connaissais que leur dernier album en date, qui est sympa mais que je n'ai pas beaucoup écouté. Mais c'est vraiment sur scène que la musique de Volbeat prend toute sa dimension. Leur mélange de punk rock, de rock'n'roll 60's et de heavy metal, transcendé par une superbe voix à la Elvis, est absolument imparable en live. Volbeat, c'est un peu "Happy days" version metal :D C'est l'idéal pour mettre en forme, et c'est une initation permanente à faire la fête. Et bien sûr surgiront un peu partout dans le public pogos, farandoles, circle pits et slam ! A signaler deux reprises valant leur pesant de cacahouètes: "Angelfuck" des Misfits et "I only wanna be with you" de Dusty Springfield. Je connais très peu les versions originales (des connaisseurs m'ont dit qu'ils avaient balayé l'ensemble de leurs trois albums), mais ça a fait mouche en lie et ça me donne bien envie de creuser un peu ce qu'a pu faire le groupe jusque là. J'aimerais en tout cas beaucoup les revoir en salle.

Un quart d'heure plus tard, on va cependant changer d'atmosphère. Les choses sérieuses vont commencer. Après la fête, ça va être la guerre à Wacken. MACHINE HEAD s'apprête en effet à investir les lieux et à assumer son rôle de tête d'affiche du festival. C'est un groupe dont je ne suis pas un grand fan, à l'exception de leur premier album", "Burn my eyes", qui est ultime. Avec mes co-animateurs (qui les avaient en plus vus au Hellfest, où ils avaient trouvé ça bon mais sans être extraordinaire), on se demandait même si on allait regarder ce concert ou faire un tour à la Medieval Stage. Quelle connerie cela aurait été si on avait fait ça: j'aurais loupé l'un des meilleurs concerts de ma vie, tout simplement! Machine Head avait déjà été headliner ici en 2005, remplaçant Judas Priest au pied levé, et d'après ceux qui les avaient vus, les Américains avaient atomisé Wacken. Même les non fans étaient sur le cul. Ils vont remettre le couvercle cette fois-ci. En tout cas, ils ont leurs fans, le public scandant très nombreux en choeur "Machine fuckin'Head !" Et dès les premières notes d'"Imperium", dès l'apparition de Rob Flynn, on sent qu'il va se passer quelque chose ce soir. Aux premiers riffs, la tension monte. La foule se densifie crescendo, puis d'immenses cercles se forment, et c'est parti pour une heure et demie de gigantesques circle pits. Jamais je n'avais vu ça auparavant. Je pense qu'à certains moments, on devait approcher la dizaine de milliers de personnes à courir en rond et se rentrer dedans comme des malades. Quand on y réfléchit (mais peut-on réfléchir en festival?), c'est vraiment un truc de tarés ! Ces mouvements de foule pourraient même être extrêmement dangereux. Mais en fait, pas vraiment, car je me suis ramassé à plusieurs reprises et il y avait toujours des gens pour m'aider à me relever ou pour faire écran. Ce qui m'a fait le plus peur, en fait, ça a été de perdre une chaussure ! C'est difficile de décrire une expérience aussi intense. Il n'y a pas vraiment de mots pour ça, il faut surtout le vivre. Mais c'est à faire absolument. N'empêche que Rob Flynn, il sait aussi y faire! C'est simple, il s'est fait obéir par la foule au doigt et à l'oeil. Quand il disait au public de headbanguer, c'étaient au moins 50000 têtes qui bougeaient à l'unisson. Quand il disait qu'il voulait voir un gros moshpit, c'étaient des pogos bien intenses (qui viraient d'ailleurs souvent au circle pit). Idem pour les walls of death. Mais le point d'orgue a été sur "Davidian", à la fin, quand il a demandé à voir le record du monde de circle pit: là où on était, on devait être plusieurs milliers, et il y avait apparemment cinq autres circle pits qui s'étaient formés pendant l'hymne ultime de Machine Head. Et ça tournait à l'hystérie collective dès que Flynn a commencé à scander "let freedom ring with a shotgun blast !!!" Je le redis encore au risque de me répéter, je n'ai jamais vu une telle ambiance. Et puis ce qui était bien aussi avec tous ces circle pits, c'est que ça faisait quand même pas mal d'espace pour respirer. Ca avait beau être la tête d'affiche qui jouait, avec un public au complet et à fond, je n'ai jamais eu d'impression de surpopulation. Un petit mot sur la playlist et la prestation du groupe en elle-même. Déjà, pour avoir réussi à créer un truc pareil, les Américains étaient forcément au top de leur forme avec des conditions de jeu impeccables: un show ultra carré où rien ne dépassait avec un Rob Flynn très communicatif; un superbe light-show avec les pyros en prime; et un son énorme de puissance et de clarté. Quant à la playlist, on peut toujours chipoter sur le choix des morceaux avec la priorité faite à "The blackening". Je n'aime pas les groupes qui axent leur playlist quasi-exclusivement sur leur dernier album en date, mais j'aime bien celui-là. J'aurais certes aimé un ou deux titres supplémentaires de "Burn my eyes", ou une ou deux reprises de Metallica ou Pantera comme le groupe le fait souvent, mais en fait, au vu des conditions et de l'ambiance générale, ils auraient pu jouer "Le petit bonhomme en mousse" que ça n'aurait fait aucune différence. C'était peut-être mieux en 2005, mais comme je l'avais zappé, je n'ai pas de point de comparaison. Machine Head est venu, Machine Head a vaincu! Les Américains ont en tout cas pleinement justifié leur statut de tête d'affiche du festival.

Playlist de MACHINE HEAD :

  • Imperium
  • Ten Ton Hammer
  • Beautiful Mourning
  • None But My Own
  • Aesthetics of Hate
  • Old
  • Bulldozer
  • The Burning Red
  • Struck A Nerve
  • Halo
  • Davidian

Après cette boucherie, on quitte le champ de bataille pour la Medieval Stage, histoire de s'asseoir un peu et de reprendre des forces dans cet espace bien convivial. En arrivant, un groupe joue. Il s'agit de FEUERSCHWANTZ, un groupe allemand de folk rock médiéval parodique (rien que ça!). On avait d'ailleurs hésité entre eux et Machine Head, initialement! On regarde donc le dernier quart d'heure de ces troubadours, et il nous reste assez de force pour farandoler... et même faire encore des circle pits ! C'est quand même bien sympa à voir. Le nom du groupe en lui-même est très drôle puisque dans la langue de Goethe, Feurschwantz signifie "queue en feu" :D Et puis avec leurs déguisements en chevaliers et leurs tenues médiévales assez ridicules, le fou rire est assuré. On n'en a vu que trois ou quatre morceaux, mais on a bien apprécié.

Par contre, on commence à subir le contre-coup de Machine Head, donc ça va être deux heures de repos, et tant pis pour SAXON qui faisait un special show de deux heures sur la True Metal Stage avec un morceau de chacun de leurs dix-huit albums et des invités en prime. A la place, on a mangé des brochettes médiévales teutoniques en tapant la discute avec un Allemand francophile qui parlait parfaitement notre langue avec un bel accent québécois, et qui nous expliquait qu'aux compétitions de tir à l'arc en Allemagne, qu'il pratique, les participants gagnent d'office une boite de saucisses! On a finalement vu les trois derniers morceaux de Saxon. Ils n'avaient pas l'aigle de fer, mais un beau light show, des pyros magnifiques, un son parfait et Biff pétait la forme (comme toujours). Le public avait l'air un peu plus clairsemé. Cela devait être dû au cumul de fatigue au bout de trois jours intenses, et à l'heure qui commençait à être tardive... A moins qu'il n'y ait eu aussi des circle-pits sur Saxon ? :D

Maintenant, place au groupe le plus nul du festival, pour le concert le plus nul que j'ai pu voir depuis de très nombreuses années: GWAR ! Je connaissais surtout l'imagerie de ce groupe, mais je n'avais jamais écouté leur musique. Bah je vais comprendre ma douleur... D'accord, le visuel est sympa, les costumes sont bien faits, le son est bon, ils font gicler du faux sang partout... Mais l'image ne fait pas tout. Et puis il faut aussi adhérer à leurs délires. Des dinosaures débiles qui décident de décapiter Obama après une parodie de talk-show, ça me fait quand même assez moyennement rigoler. Et puis ils font trop de blagues qu'un Européen ne peut pas comprendre, parce que c'est toujours en référence à des personnalités américaines célèbres uniquement Outre-Atlantique. Bref, tout cela me laisse de marbre. Quant à leur musique, c'est du hardcore de bas étage avec une voix immonde, et au bout d'un quart d'heure, on commence à trouver ça tout simplement insupportable. De nombreuses personnes se mettent rapidement à aller voir ailleurs si la musique est meilleure, ce que je ne vais pas tarder à faire, accompagné de Tail. Alex et Mister Double T sont littéralement cassés par ce truc, qui vient en contrecoup de toutes les tueries qu'il y a eues dans la journée. Ils n'ont pas le courage de bouger et vont donc subir cette torture mentale jusqu'au bout. Bref, Gwar, c'est de la merde. Ca, c'est dit :P

On se déplace donc sur la Party Stage pour voir KORPIKLAANI. Je ne suis pas fan de ce groupe. Je les aimais beaucoup au début mais, à force de sortir un album par an sans la moindre évolution et au milieu de toute la vague folk metal, j'en ai fait une belle indigestion. Mais c'est un groupe que je n'avais jamais vu et je me suis toujours dit que sur scène, ça le ferait. Et puis si elle est répétitive, leur musique a au moins le mérite d'être agréable. Il nous reste encore quelques forces, et on peut farandoler sporadiquement. Le public allemand n'est plus vraiment à fond, mais reste quand même vaillant et l'ambiance est donc très bonne. Pogos, rondes et farandoles s'enchaînent allègrement sur les "Wodka", "Beer! Beer! Beer!" et autres "Wooden pints" :fete: :boisson:, même s'il n'y a plus forcément l'énergie nécessaire. Korpiklaani n'est certes pas mon groupe préféré, mais je les préfère mille fois à Gwar et ce genre de folk metal sautillant se prête parfaitement à l'ambiance de festival.

Et nous voici enfin à la fin du festival! Le groupe chargé de le cloturer est SUBWAY TO SALLY, groupe de folk metal allemand à la renommé confidentielle de par chez nous mais véritables stars chez eux. Il me semble même que c'est le troisième plus gros groupe de rock germanophone derrière Rammstein et Tokio Hotel. C'est la quatrième fois (à chaque fois c'était ici) que je les vois et j'aime beaucoup. Après ça, je conçois tout à fait que des Français moins germanophiles que moi y soient réfractaires car le chant est assez spécial et la musique n'est pas des plus festives pour du folk metal. Ils ont bien sûr un certain nombre de morceaux entraînants à leur actif, mais ils font surtout des titres assez mélancoliques avec des guitares plombées aux riffs martiaux. Je l'avais déjà dit en 2007, où ils avaient déjà cloturé le festival, mais au risque de passer pour un gros radoteur, je ne suis pas persuadé que Subway To Sally soit le groupe idéal pour ce genre d'exercice. J'aime beaucoup leur musique, mais elle n'est pas assez festive et entraînante pour ça. Cela étant, je suis toujours content de les revoir et je ne vais pas bouder mon plaisir. Avec Tail, on se positionne bien dans l'axe pour profiter du spectacle. Eric Fisch et sa bande de troubadours nous font un bon show carré avec de magnifiques lights et pyros. Mais la playlist manque de dynamisme. Le groupe joue trop de morceaux mid-tempo ou lents, qui passeraient parfaitement en salle mais pour lesquels il est beaucoup plus difficile d'être à fond au bout de trois jours de festival intenses à 2h30 du matin. Par contre le groupe ne démérite pas pour ce qui est d'essayer de faire participer la foule. Eric Fisch est un bon frontman qui interagit bien avec le public. Il nous a même fait compter à rebours en allemand sur "Sieben". La playlist est basée essentiellement sur des morceaux d'albums récents, en particulier l'avant-dernier, "Bastard", que j'adore. Ce n'est pas spécialement entraînant, mais c'est beau :) Et justement, à propos de morceau entraînant, le public réclame à corps et à cris le très festif et farandolesque "Julia und die Räuber", en chantant le refrain à tue tête sur le coup des 3h du mat'. Mais cette fois, il n'y aura pas ce morceau. A la place, plein de monde vient rejoindre le groupe sur scène pour fêter l'anniversaire du festival une dernière fois: Victor Smolski, Peavy Wagner, Sabina Classen et Schmier se joignent au groupe , pour chanter un hymne au festival intitulé "It's after dark". Les paroles défilent sur l'écran géant et feraient passer Joey De Maio pour un grand parolier :D En tout cas, le Wacken 2009 se termine dans la convivialité et sur une note humoristique. Puis la scène se vide et l'écran géant diffuse des images du festival en rétrospective de ces trois jours fabuleux qui viennent de s'écouler, avec en musique de fond "Home sweet home" de Mötley Crüe (clin d'oeil à la tête d'affiche de l'édition 2010 à venir?).

Ainsi se termine le Wacken 2009 pour les concerts. Parce que la soirée n'est pas encore finie! On va d'abord faire un petit tour en backstage, puis on retourne à la Medieval Stage où nous resterons quasiment jusqu'à la fermeture à boire et manger des saucisses et des brochettes médiévales. On ne fait quand même pas toute la nuit car il va nous falloir nous lever très tôt. En effet, le bus qui nous emmène à la gare d'Itzehoe part à 9h pétante! Après avoir eu toutes les peines du monde à faire nos bagages et plier les tentes, c'est une course poursuite effrénée dans les rues du village à laquelle nous nous livrons pour être à l'heure. Grâce aux talents de marathonien de Mister Double T, nous y arrivons. Et effectivement, le bus patira pile à l'heure. Ce qui est bien, c'est que ce sont des gens du coin, qui connaissent tous les chemins de traverse. Par des routes détournées et des départementales improbables, notre chauffeur nous mène directement à la gare, sans qu'il n'y ait une seule voiture devant nous au cours des quinze kilomètres séparant Wacken d'Itzehoe. Dire que ceux qui sont partis en voiture ont galéré comme pas possible, en particulier le Gasp et David qui étaient encore en Allemagne à 22h. Pour ce qui nous concerne, RAS! On arrive à la gare, on s'installe tranquillement dans le train et c'est parti pour deux petites heures de transport hambourgeois avant d'arriver à l'aéroport. Comme je l'avais écrit au début de ce live report, je pense vraiment que les transports pour aller à Wacken, c'est le bon plan par rapport à la voiture: c'est moins cher, il n'y a pas de problèmes d'embouteillages, on sait exactement quand on arrive et quand on repart, et en prime on peut se placer où on veut dans le camping du festival puisque l'on est à pied. En plus, on est suffisamment en avance à l'aéroport pour y manger un vrai repas, ce qui fait un bien fou après quatre jours pareils. Pour le retour en avion, par contre, c'est pas compliqué: dodo pendant tout le trajet! C'est vraiment mon retour de festival le plus relax, et aussi le plus court.

Voilà pour le Wacken 2009, vingtième du nom ! Ce festival était tout simplement incroyable, et surtout au delà des espérances. Il faut dire que vu l'affiche proposée, les espérances avaient été sérieusement révisées à la baisse avant d'y aller. J'attendais surtout de passer un bon moment, de revoir plein de potes et d'avoir de bons délires. Je voyais ça un peu comme des vacances dans un parc d'attraction metal (la nacelle Jägermeister, c'était vraiment le pompon :lol:). Et au final, j'ai rarement vu autant de concerts à un festival! C'étaient peut-être essentiellement des groupes de seconde zone, mais qui ont tout donné en jouant dans des conditions optimales. Ce n'est pas sûr que ça aurait été aussi bon s'il y avait eu plus de groupes renommés mais jouant à un train de sénateur. Et puis pendant ces concerts, il y avait surtout une ambiance terrible. Il y a quelques années, je trouvais que les Allemands ne pogotaient pas assez. C'est peut-être un renouvellement de générations, mais je n'ai jamais vu autant de bons pogos et, surtout, de circle pits (je suis définitivement fan de cette pratique :fou:) et de walls of death qu'à ce festival. En plus, quand il y a autant de monde, c'est encore plus impressionnant. En plus, la circulation et la surpopulation ont été bien gérées. Jamais je n'ai eu à en souffir, alors qu'en 2007 c'était franchement limite. Bref, une fois de plus, Wacken ne m'a pas déçu. Et là, ça relevait de la divine surprise. Si, pour 2010, on retrouve la même intensité avec en plus une affiche qui soit vraiment attractif, ça promet d'être grandiose. Et bien sûr, sauf empêchement, j'y serais!

Pierre