Je vais chercher Osogaru au métro les Arênes et on se dirige tranquillement vers le Zenith, où l'on peut constater en arrivant qu'il y a pas mal de monde. Mais je réussis à me garer dans un parking pas encore complet. Talasquin n'aura pas cette chance, avec un tel bordel que ça lui en fera louper le début de Gotthard. De notre côté, on retrouve de suite Mister Double T, puis on rentre dans la salle où l'on retrouve Alex et ses collègues. Talasquin me prévient qu'ils nous retrouveront dès qu'ils pourront. En entrant dans le Zénith, un premier constat s'impose: le public est très hétéroclite et je dirais même intergénérationnel. Il y a vraiment de tout: des enfants de moins de 10 ans aux vieux de plus de 70 ans, des metalleux, des bobos, des mecs en costard... La salle est bien remplie (peut-être pas 10000 personnes, mais pas loin) et c'est impressionnant de voir tous ces gens différents que Deep Purple peut réunir. D'ailleurs, le lendemain, deux collègues (dont l'une a 58 ans!) m'ont dit qu'elles avaient été à ce concert, ce qui m'a fait halluciner. Enfin tant mieux, après tout ! Ca fait toujours plaisir de voir un concert de hard rock bien rempli, et on peut se dire que notre musique a encore de beaux jours devant elle. Par contre, vu que c'était grand public, le public n'était pas aussi réactif et remuant que le public metal, pour faire dans l'euphémisme... Détail amusant : le concert était sponsorisé par Radio Nostalgie :D

En bons Suisses, GOTTHARD commence à 20h précises ! Je suis loin de tout connaître de ce groupe, qui totalise pas loin de vingt années de carrière, mais globalement j'aime bien. Il y a des choses que j'adore d'eux, même, en particulier leur seul album que j'aie, "Domino effect" qui date de 2007 et qui est donc leur avant-dernier à ce jour. En fait, ils n'en joueront qu'un seul titre, le fort sympathique et entraînant "Gone too far". Je ne connaissais donc pas le reste de ce qu'ils avaient joué, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier. Enfin pas tout ! J'ai adoré leurs morceaux metal catchy, mais je n'ai aimé ni leurs ballades, ni leur partie acoustique. Ca a surtout eu pour effet de casser le rythme entre deux titres qui font bien taper du pied. Je vois pas l'intérêt pour un groupe de première partie de jouer trois ballades assez nian-nian en plus d'un medley acoustique ! Celui-ci est sympathique, avec notamment la reprise de "Yesterday" des Beatles, mais il aurait suffi. Malgré tout, la prestation des Helvètes a été excellete. La faute notamment à un excellent Steve Lee, frontman très charismatique et remuant. Lui, il sait tenir une scène ! Son look et son attitude scéniques font penser à un croisement de Steven Tyler et de David Coverdale. Il court partout, il tombe la chemise et sa voix est magnifique. Il est de plus très communicatif, parlant quelques mots de français (ainsi que le guitariste, qui maîtrise encore mieux notre langue et en profite pour sortir des vannes pourries :D) et réussit à se mettre dans la poche un public qui, majoritairement, n'avait jamais entendu parler de Gotthard. Le groupe a bénéficié d'un son absolument excellent et cristallin, comme c'est toujours le cas au Zénith de Toulouse. Malgré les cassures de rythme dues aux morceaux mollassons, les cinquante minutes pendant lesquelles les Suisses ont joué sont passées à une grande vitesse.

A la pause, après une très longue attente pour commander une bière, je retrouve Talasquin, mais aussi Blackoum que je n'avais pas revu depuis janvier dernier, et l'on se place devant sur la gauche pour DEEP PURPLE. Et le groupe fait plaisir d'entrée en envoyant "Highway star" ! Ensuite, ce sont deux heures de pur bonheur. Je suis loin de connaître toute la discographie des Anglais, et en fait je ne connaissais que la moitié des titres joués ce soir. Mais le groupe se faisait tellement plaisir et l'interprétation était tellement parfaite qu'aucun solo, aucun titre que je ne connaissais pas, ne m'ont paru longuets. J'ai même carrément flashé sur le très épique "The battle rages on", que je n'avais jamais entendu auparavant. On sentait vraiment des musiciens heureux d'être là, comme en témoignait leurs positions très rapprochées les unes des autres et le fait qu'ils déliraient beaucoup entre eux. Cette joie de jouer était très communicative. Pourtant, paradoxalement, ce ne sont pas des musiciens charismatiques. Seul Roger Glover en impose vraiment. Pour le reste, ce sont des sexagénaires qui font leur âge, voire plus ! Ils sont certes contents d'être là et leur plaisir de faire de la scène se transmet bien au public, mais on ne peut pas dire qu'ils rayonnent. Je dirais même qu'ils ne ressemblent à rien ! Le pire de tous était Ian Gillian. Je m'attendais à voir un super frontman au charisme énorme, et en fait pas du tout: il est laid, assez statique et il prend des poses ridicules quand il bouge. Il fait mumuse avec un tambourin de temps à autre, et ça fait plus pitié qu'autre chose. Par contre, et c'est ce qui le sauve, il a toujours une superbe voix. Il y a quelques faiblesses de temps à autre, mais peu de chanteurs ayant trente ans de moins que lui ont malgré tout un tel niveau vocal. Reste que pour un monstre sacré de l'histoire du rock'n'roll comme Ian Gillian, je m'attendais à autre chose question charisme et présence. Quand on fait la comparaison avec Black Sabbath / Heaven and Hell, qui sont de la même génération, il fait très pâle figure à côté de Ronnie James Dio et Tony Iommi ! Par contre, Steve Morse est très impressionnant. Lui, c'est vraiment la grande classe et quand on le voit jouer, il n'y a aucune raison de souhaiter le retour de Ritchie Blackmore... si ce n'est pour une reformation de Rainbow, bien sûr ! J'ai beaucoup aimé Don Airey aux claviers, également. Il s'éclatait vraiment, sur deux immenses synthés qu'il maîtrisait avec une grande virtuosité. On se demande ce qu'un mec aussi doué et expérimenté a pu faire dans un groupe comme Metalium a un moment de sa carrière :D Je ne suis pas un fan de solos, et encore moins de solos de claviers, mais Morse comme Airey m'ont littéralement bluffé sur ce coup-là. Comme Gothard, Deep Purple bénéficie d'un son cristallin, assorti en prime de jolis lights. Les points d'orgue du concert ont été linévitable "Smoke on the water", chanté en choeur par le public (ce qui n'avait rien de gagné d'avance vu l'ambiance bon enfant mais pépère de cette foule hétéroclite), "Hush" et "Speed king" en rappel entrecoupé d'un medley rock'n'roll 60's avec reprises de Chuck Berry et d'Elvis Presley. Le groupe concluera sur "Black night" et finira sur une belle ovation. Avec cette belle prestation, Deep Purple aura fait l'unanimité dans le public de 7 à 77 ans.

Playlist de DEEP PURPLE :

  • Highway Star
  • Things I never said
  • Maybe I'm a Leo
  • Strange Kind of Woman
  • Wasted Sunsets
  • Rapture of the Deep
  • Fireball
  • Contact Lost/Steve Morse solo/Sometimes I feel like screaming
  • The Well-dressed
  • Knocking at your Backdoor
  • Lazy
  • No one came
  • Don Airey solo
  • The Battle rages on
  • Space Truckin'
  • Smoke on the Water
  • Speed King (w/ rock'n'roll medley)
  • Hush/Bass solo/Drum solo
  • Black Night

Au final, c'était une soirée très réussie avec des groupes au top de leur forme (avec le bémol de Ian Gillian) qui ont joué dans des conditions au top. Gotthard a gagné de nouveaux fans, Deep Purple a convaincu tout le monde... Ainsi se termine l'année 2009 en matière de concerts !

Pierre